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Catherine Jourdan est une poétesse, écrivain et journaliste française. infocatherinejourdan@gmail.com

À PROPOS

 

 

 

Catherine Jourdan est une journaliste et écrivaine française.                                  Elle vit et travaille à Paris.

/NOVEMBRE 2019

Casser le monde infantile Par Catherine Jourdan 2 Novembre 2019 (Édition abonnés) 230 Commentaires

/OCTOBRE 2019

Cheveux nus Par Catherine Jourdan 26 octobre 2019 (Édition abonnés) 89 Commentaires

Quand le rire inné partage Par Catherine Jourdan 21 octobre 2019 (Édition abonnés) 101 Commentaires

Apologie des héroïnes Par Catherine Jourdan 7 octobre 2019 (Édition abonnés) 289 Commentaires

Ils répondraient: (…) Par Catherine Jourdan 3 octobre 2019 (Édition abonnés) 127 Commentaires

/SEPTEMBRE 2019

Comme une lampe à poser, l’oubli et l’harmonie (…) Par Catherine Jourdan 27 septembre 2019 (Édition abonnés) 243 Commentaires

zadiglemag.com

 

Se consument les forêts anciennes des mondes (…) En République Démocratique du Congo, au Brésil, en Indonésie, sur l’île de Sumatra, en Angola, au Congo, en Tanzanie, en Zambie, en Russie, Colombie, Malaisie, Pérou, Cameroun, Ghana, Ouganda, Zimbabwe, Madagascar, Cambodge, Corée du Nord,  Papouasie-Nouvelle-Guinée, Birmanie …

Un arbre se déplace.

Ni la ligne de vie, ni les verdissements anthropisés que le poème annule, ni la re-forestation des plantations d’arbres à croissance rapide, ces monocultures de beaux acacias, d’eucalyptus, de sapins, d’hévéa pins, épinettes, mélèzes, palmiers à huile et de thuyas, mais la main écarlate et l’espace soumis,

longues manches vides.

Les forêts tropicales expirent et l’unité du ciel

disparaissent les primaires.

En dernier convoi, reste à fondre les océans.

Relier le Pérou à l’Atlantique, autoroute couronnée de fureur s’affale,

par sa longue cicatrice les intérêts miniers agricoles, l’exploitation aussi papetière du bois là où le soja et le cuir font ripaille et les industries de l’huile de palme, diesel latex-les agro-carburants fouillant l’agonie. Et les forêts tempérées et boréales renaissent un briquet à la main.

Verdir verdir verdir la destruction. Sans le maintien de la biodiversité, des présences sacrées des amazones guerrières. Les pierres vertes des femmes sans mari. Les seins. Et le foyer des peuples qui dépendent d’elles et le dernier oiseau avec un soleil fou. L’arbre se déplace. (…) Par Catherine Jourdan 1er septembre 2019 (Édition abonnés) 122 commentaires 

/JUILLET-AOÛT 2019

La hesed comme le bleu cyan, Son élément, un jour spontané l’eau vibrante. La même grâce unissant les deux frères, une larme de miséricorde, la larme chemine, étale ses projets, le pouvoir du destin et le sel de fer- Apparaissent les rouges des géraniums, comme un éloge dans la direction bleuie vert bleu. Le cyan complémentaire du rouge, cyan+ rouge donnent le blanc bienveillant, et les cyanotypes fidèles (…)  Par Catherine Jourdan 27 Août 2019 (Édition abonnés)  56 Commentaires

Est le trésor.  Par Catherine Jourdan 20 Août 2019                                                        Et les urnes de pierre poèmes.

Le tain des miroirs, brûle-parfum

L’énigme de noms, des plantes grimpantes à l’épure du ciel.

Le calme et les troubles de juillet, pleins des stridulations des grillons au cadran du jardin. Heure méridienne par la ruelle : seul le mâle avec le chant sexuel inexplicable, un essaim bienveillant de feu qui livre passage à l ‘énigme.

Exuvie et la cendre se tait. Les chœurs de mâle grillon naissent de la terre, naissant au jour le germe de tout être les nymphes muent. Le sol exige une caresse, étreint le naturel, la radiance du soleil chaleur nouvelle.

Connaître au long des plis ce qui est à l’origine. Va l’âme sans écorces, le contact rouge chanté par les degrés du soleil est un Che-eu-eu Che-eu-eu Cheu-eu-eu Chee-eu-eu sur des branches maîtresses.

Leur chant d’insecte simplifie, serrure d’or et forge structurées en strophes, composées de phrases, d’accents pêle-mêle de dialectes.

Che-eu-eu Che-eu-eu Cheu-eu-eu Chee-eu-eu    Crée le séisme d’atmosphère, le chant concentré perché sur les ramilles, agriffé aux cyprès et les longues cadences. Les arbres qui se dessèchent clair-éveillés à la place d’honneur, chars radieux filant sur les rêves. Les arbres sonores qui battent et qui s’avancent et qui gagnent dans la chambre. Grillons Sauveurs d’Amour produisent le son grisé, frottent l’une contre l’autre les ailes, ouvrent et ferment leurs élytres, l’élytre droit recouvre le gauche, l’archet et la chanterelle comme une corde de violon qui absorbe le jour mûri et revêt une peau de feuillage. Le soleil dore plus fort.     En réplique, puissance spirituelle d’une communication acoustique attire les femelles et la vie comme une morphine. Le volume du son une centaine de décibels sur des berceaux de coquillages. Grillons- Ou cigales ? Elles leurs larynx les cymbales miniatures, tous deux la sève. Sur la trame qui enivre, musique fossile dans l’oreille d’azur humaine, cigales le ventre la chapelle qui inonde l’air. L’amour doit venir qui filtre le temps. Leurs sueurs d’artisanat : donner son baiser et pondre l’oeuf. Avec la tarière s’achève le chant allanguissant qui respire le soleil étisie. Et disparaissent.

Vers la fin de l’été, les jeunes ventriloques mortes méditerranéennes. Les choses frénétiques neuves paraissent anciennes. Personne n’a jamais vu ni entendu grillon cigale chanter en hiver. La terre a grandi.

Temps et mort, un porte-bouquet, les faïences de Saint-Jean-du-Désert à la façade des maisons. Comme dans les ardentes fosses, cigale amulette de jade placée sur la langue des défunts. De nouveau, leur douceur et tous les sons.

Deux paires d’ocelles d’un papillon marron (…) Fixées sur nous-mêmes, la fonction de leurre cercles dorés au centre noir, rétines et pupilles assises dans l’herbe- Par mimétisme lorsqu’il ouvre ses ailes, trempés de lumière fragile, les yeux ouverts qui palpitent- cette brillance: nos yeux de mammifères qui sautent la barrière. Les mêmes ocelles dans le plumage de l’oiseau paon, la même ocelle dans le dolmen hors du temps.  Par Catherine Jourdan 5 Août 2019  (Édition abonnés) 145 Commentaires

Prophètes, femmes et traître: les subversions du Livre.  À l’antipode: prêtre… Par Catherine Jourdan 12 Juillet 2019  (Édition abonnés) 109 Commentaires

Chefs-d’oeuvre de pudeur Par Catherine Jourdan 4 Juillet 2019  (Édition abonnés) 98 Commentaires

En notre nécessité Par Catherine Jourdan 1Juillet 2019  (Édition abonnés) 201 Commentaires

/JUIN 2019

Eau est feu Par Catherine Jourdan 26 Juin 2019  (Édition abonnés) 287 Commentaires

Les orbes de nos vies  Par Catherine Jourdan 15 Juin 2019  (Édition abonnés) 265 Commentaires

Tortue-Lyre Par Catherine Jourdan 4 Juin 2019  (Édition abonnés) 321 Commentaires

 

/MAI 2019

Lina’S non è morta Par Catherine Jourdan 23 Mai 2019 

 

Vierges sages Par Catherine Jourdan 17 Mai 2019  (Édition abonnés) 156 Commentaires

Teresa Mangiacapra Indimenticabile 9 MAI 2018-9 MAI 2019

L’épuisement du cuivre Par Catherine Jourdan 3 Mai 2019 (Édition abonnés) 135 Commentaires 

/AVRIL 2019

Notre-Dame de la Vie  Par Catherine Jourdan 16 Avril 2019 (Édition abonnés) 398 Commentaires

Poésie dynastique Sérère Par Catherine Jourdan 2 Avril 2019 (Édition abonnés) 219 Commentaires

/ MARS 2019

Au milieu des mangroves Par Catherine Jourdan 29 Mars 2019 (Édition abonnés) 56 Commentaires

Les Suppliantes d’Eschyle empêchées d’être jouées par la force et l’injure (…) «  L’ oiseau reste-t-il pur qui mange chair d’oiseau ?LES DIONYSIES-Festival de théâtre antique à Paris -21mars- 30 Mars (…) Par Catherine Jourdan 26 Mars 2019 (Édition abonnés)  453 Commentaires

Royaume du Sine Par Catherine Jourdan 23 Mars 2019 (Édition abonnés) 225 Commentaires 

-26 mars-20 Avril 2019-

Post Vérité Par Catherine Jourdan 9 Mars 2019 (Édition abonnés) 207 Commentaires

Nuées Par Catherine Jourdan 1 Mars 2019 (Édition abonnés) 187 Commentaires

/FÉVRIER 2019

La φιλία / philía. Par Catherine Jourdan 13 février 2019 (Édition abonnés) 112 Commentaires

Hautes Vivantes. Par Catherine Jourdan 9 février 2019 (Édition abonnés) 208 Commentaires

/JANVIER 2019

Hypersensorialité (…) Par Catherine Jourdan 8 Janvier 2019 (Édition abonnés) 79 Commentaires

/DÉCEMBRE 2018

Moines de Tibhirine (…)  »Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en a pas moins non plus. En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance.’ Par Catherine Jourdan 21 Décembre 2018 (Édition abonnés) 231  Commentaires

Kénose Ieschoua     Par Catherine Jourdan 5 Décembre 2018

Lettre aux rubans et gilets jaunes avant Noël/

« Qui dites-vous que je suis ? » D’une chère voix,    un cadran lumineux dans l’épaisseur du temps historique. Au calmant de l’eau, sur un peuplier   l’unique feuille. Aux siècles miens. L’eau qui roule,    tard dans l’hiver, sa conscience de Fils destiné à faire place à une existence humaine revêtant le morphê d’esclave. La langue d’air. Le sentier dans la forêt. Est-ce que cette voix répète ? Lui incarné, Elles vie et piété, presque bienheureuses, son baptême à l’âge de 30 ans. Du ciel sur la terre       sur les autels ardents, l’abandon du glorieux statut- reconsommé, surexalté par l’ascension : l’étoile avec l’étoile, la main tient à jamais- Vrai Homme, la conscience divine qu’a le Fils de son identité. Même les arbres s’abreuvent avec un bruit de particule. Monter sur le vieux pont-levis. Vivre comme Homme avec la faculté de pécher. Semblable aux Hommes et son dessein de salut, visant à mort. Le dépouillement du Fils dans son état divin. Même la petite qui va/ Fille Homme, sur la trace des grands. L’union de la nature divine et de la nature humaine, aux pommettes rouges. Déposer l’état divin, sa forme de Dieu, avant de se faire Homme. Résonne son doudou entre les paumes. Le cantique de Charles Wesley « Emptied Himself of all but love ». Parmi les pluies de grenades, revêtir la chasuble saure et l’univers de métal et les humiliations embellies dans l’espace étonné des ronds-points. Des vétilles ou non. Les lèvres de l’homme. L’Esprit de Jésus, sa sainteté: amener tous les êtres  à réaliser la relation qui doit les unir. Les plus bas, les plus faibles, les plus humbles. Même les journalistes boucs émissaires. Épaule contre épaule, il élève en lui-même l’humanité réhabilitée. Pleine humanité et pleine divinité ? Ses hauts faits, la personne du Sauveur, assumant le réel de leur condition misérable. Fils de l’homme, sauf dans sa transfiguration. Le sang bat avec plus de force. L’humilité dans le service et « l’homme-Dieu » de Kierkegaard. Comment Dieu s’est-il « vidé » de lui-même pour assumer une humanité particulière en Jésus de Nazareth ? Du vide de tout ce qui n’est pas Dieu. Seule la chute de l’Éternel dans le temps, couronnes doubles…

Le principe de fraternité (…) Par Catherine Jourdan 1er Décembre 2018 (Édition abonnés) 345 Commentaires

/NOVEMBRE 2018

Nanou premier sans toi, ton jour anniversaire gris sourd (…) Par Catherine Jourdan 14 Novembre 2018 (Édition abonnés) 75 Commentaires

Matérialiser la mariée Par Catherine Jourdan 12 Novembre 2018 (Édition abonnés) 166 Commentaires

(…) Union d’entités irréelles à leurs propriétaires figure de l’otoku, notre rapport aux intelligences artificielles. Archipel Tokyo. À terre, près de l’eau dans une roselière, un amas de plantes et de duvet de la femelle. Un nid d’oiseau, au fond une coquille de fuligule milouin, brisée. L’’Étang de Shinobazu dans le parc Ueno. Comme d’autres. L’homme s’est marié à un hologramme répondant au nom d’Hatsune Miku. Jeune adolescente numérique de 16 ans reconnue au Japon comme une véritable chanteuse, non comme un simple programme de synthèse vocale. Concerts, projections star. Depuis des lustres, l’avatar accompagné de musiciens humains occupe la scène sous les traits d‘un personnage animé. Cérémonie de mariage traditionnelle oblige, le marié tenait des poireaux à la main. La doublure de la belle vocaloid aux yeux grands- cheveux longs était présente sous la forme d’une peluche bleue turquoise robe blanche d’une dizaine de centimètres. Elle porte depuis une alliance autour d’un poignée. Fictive. Akihiko Kondo fonctionnaire de 35 ans, administrateur d’une école est un homme heureux. Selon lui, les personnages en deux dimensions ne trompent pas, ne vieillissent, ni ne meurent- Déclin du désir, virginité normée, dégoût des relations sexuelles…Le chaste et le souillé vers la reconnaissance d’une nouvelle minorité. OH MONDE, l’émergence du marché de la relation romantique virtuelle. Pour la conversation, l’homme possède une GateBox, sorte de cloche de verre sous laquelle apparaît l’hologramme d’Hatsune Miku. Elle peut prononcer quelques phrases élémentaires telles que « bonne journée », « bonsoir », « il a fait beau aujourd’hui », et interagir avec une partie de l’électroménager. Il se considère désormais comme un époux ordinaire : sa  femme le réveille le matin et lui souhaite bonne journée, lorsqu’il se rend à son travail. Le soir, il l’avertit par téléphone quand il rentre et elle allume les lumières. En fin de soirée elle lui dit qu’il est l’heure de se coucher. Il dort avec la peluche, version palpable de son épouse. « Miku-san est la femme que j’aime et celle qui m’a sauvé ». « Je ne déteste pas les femmes, je les côtoie sans problème. C’est juste que je ne les considère pas comme de potentielles partenaires ». explique-t-il avant d’ajouter : « l’archétype du mariage d’un homme et d’une femme qui ont un enfant et fondent un foyer n’est pas un gage de bonheur. J’estime qu’il faut considérer toute forme d’amour et toute forme de bonheur ». Le visage des oubliées. L’oeuvre de Madame de Lafayette, les tourments intérieurs de la Princesse de Clèves et la beauté sublime de Marine Vlady. La vie à la cour des valois de Jean Delannoy.

 

Le non-effet esthétique au flux des images (…)  Par Catherine Jourdan 5 Novembre 2018 (Édition abonnés) 175 Commentaires

/OCTOBRE 2018

Royaume Minéral (…) Par Catherine Jourdan 19 octobre 2018 (Édition abonnés) 232 Commentaires

Museu Nacional brûlait… Par Catherine Jourdan 5 octobre 2018   Dans les flammes le feu a gagné Natures et Cultures, murs calcinés façade jaune pastel, décombres fumants l’incurie des gouvernants. Ancien palais royal, livres titres, pièces infinies, squelettes de Maxakalisaurus dinosaure de Minas Gerais, fresque de Pompéi ayant pourtant survécue au Vésuve, Sarcophage, dedans les amulettes de Sha-Amun-en-su prêtresse chanteuse, fossiles humains : sous le nom- Luzia découverte au Brésil morte dans l’incendie, aussi fossiles de poissons époque du crétacé. Et les enregistrements des langues anciennes, des voix, des arts plumiers des humains d’Amazonie. Immolés les trésors objets non encore catalogués, les archives la littérature grise. Itou dehors, les espaces protégés des grandes réserves jungle-nuire aux ethnies indigènes. Sinon un vestige sauvé ? Le météorite masse Bendego de Monte Santo trône encore devant l’entrée.(…) (Édition abonnés) 127 Commentaires

La DUDA  Déjà 1978, la maison de l’Unesco la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal. Dans les villages des mères, dans leur écorce les miaulements longs des chats l’arbre en haut. Aux près à l’expiration le cheval hennit parfois, le timbre de la voix d’un cheval à l’intérieur du groupe frère, les orientations de ses oreilles, la direction du regard et les mouvements de queue (…) Par Catherine Jourdan 1 Octobre 2018 (Édition abonnés) 56 Commentaires   FFPA-Déclaration-Universelle-des-Droits-de-lAnimal

fondation-droit-animal.org Éthique & Sciences

 

/SEPTEMBRE 2018                                                                              

Coule Ica-Onna   Puis la Seine affluent de l’Aube, l’Yonne se jette dans la Manche (…)  Par Catherine Jourdan 23 septembre 2018 (Édition abonnés)

À claire-voie Tolstoï   Où forêt, où campagne, où vallée où champ     lièvres et perdrix tourterelles des bois harde de cerfs la négation de la sentience animale. Re-commence le long trimestre carabines ratio poudre T-plombs, amorces douilles gerbe de plombs. Doigts sur la détente, des repas de fêtes et la fausse régulation de bêtes élevées. Chiens de sang autour du cou un collier de repérage GPS Garmin, l’acte de chasse et les lignées de la meute, montures courant. Traqué par désennui, aligner le canon un gibier collapse moyennant une tradition. Jusqu’à l’heure de la mort, dépecé, le goût de l’animal sauvage souffrant des chasseurs assidus aux crocs des chiens qui le dévore. L’homme de 16 ans en érection qui enlève la Vie. S’enlise le temps Dans un drap rêche, sur une allée on mène des daims « chose » (…) Par Catherine Jourdan 8 septembre 2018 (Édition abonnés) 67 commentaires

Pour les yeux appelés (…) Par Catherine Jourdan 3 septembre 2018 (Édition abonnés) 114 commentaires

 

/JUILLET-AOÛT 2018

Les morts machinales (…) Par Catherine Jourdan 29 juillet 2018 (Édition abonnés) 97 commentaires

Câpriers fleurs étamines violettes blanches et câpres (…) Par Catherine Jourdan 25 juillet 2018 (Édition abonnés) 66 Commentaires

Quoi (_______) Par Catherine Jourdan 1 juillet 2018 (Édition abonnés) 115 Commentaires        

 

/JUIN 2018

L’ange entra où elle était  Luc, 1.28 (…) Par Catherine Jourdan  20 Juin 2018 ( Édition abonnés)  71 Commentaires                                                                                  

La vie intérieure (…) Par Catherine Jourdan  10 Juin 2018 (Édition abonnés)   103 Commentaires                                                                                                             

Requiem Mozart (…) Par Catherine Jourdan  2 Juin 2018 (Édition abonnés)   67 Commentaires           

/AVRIL-MAI 2018

 

Teresa Mangiacapra et Catherine Jourdan/ Cathédrale orthodoxe russe Nice(…) T.Mangiacapra-C.Jourdan

Crédit Photo: catherinejourdan.com

Ding dang dong (…) Par Catherine Jourdan  25 Avril 2018 (Édition abonnés)  156 Commentaires           

Teresa, ti mando dei fiori di amore, dei fiori tra l’oro delle ginestre (…) Par Catherine Jourdan  23 Avril 2018 (Édition abonnés) 95 Commentaires                                          

 

/MARS 2018

Prescience (…) Par Catherine Jourdan  23 Mars 2018 (Édition abonnés)                           42 Commentaires                                 

Dans une HLM: Mireille Knoll=Sarah Halimi   Assassinées par leurs voisins sur un air de dansons la capucine (…)  Par Catherine Jourdan  23 Mars 2018 (Édition abonnés)   112 Commentaires                                       

Le temps, les endroits  Par Catherine Jourdan 1er Mars 2018 (Édition abonnés) 145 Commentaires                                 

Décalage d’âge. D’abord les écarts de temps. D’abord la dilatation du temps dans un cadre d’or inépuisable, l’intérieur et l’extérieur, le dedans et la façade. D’abord le décalage d’âge entre la partie profonde et la surface. Âge de la terre n’est pas le même, son noyau est plus jeune. Là où mer montagne, là où. La gravité déforme l’espace, manigance le temps. L’horloge à césium, impose la seconde, vibre plus loin l’ion d’aluminium. Le sang fait demi-tour, station Palais-Royal des sirènes capreses la bouche de métro. Le lien intime du temps, de l’espace et de la matière. Entre les roches de la mer, le temps passe à pas comptés, plus lentement qu’à la cime des hautes montagnes dans un ciel bleu clair. Le soir descend, irrésistiblement je passe dans le temps. Le  temps passe. Je n’oublie pas le jeu, la mer de chacune, la mer de chacun. Le mois de Mars se prolonge à la table familiale. Imperceptiblement je vieillis plus vite deux marches plus haut, à loger au sixième étage- j’accélère mon vieillissement. L’écoulement du temps et les rez-de-chaussée encore ingénus, blancs-becs. Comme il y a cette différence temporelle entre la tête, le chapeau et les pieds. Tu téléphones à des tas de gens avec l’un de tes très nombreux téléphones, tu te nourris de ma poésie. Une grande vitesse ralentit le temps, une faible gravité l’accélère : des mains jointes, l’élite du monde n’y peuvent et le cœur de la piste. (…)

 

/JANVIER_FÉVRIER 2018

Mon tout petit ami  Par Catherine Jourdan 6 février 2018 (Édition abonnés) 102 Commentaires

Voir jusqu’au bout (…) Impatience, le livre. Lire jusqu’au bout. Le film la hâte  Brûler de précipitation  jusqu’à’au bout l’effort ou l’élan? Pétulance, feuillette, parcourt compulse, survole aborde frôle partout à la fois effleure Par Catherine Jourdan 29 janvier 2018 (Édition abonnés) 157 Commentaires

Lancement du quotidien d’idées AOC, Nuit des Idées, Un journal en ligne conçu par des journalistes et écrit par des auteurs. 25 janvier 2018.

« Portrait de l’auteur en travailleur »
18h00-20h30
BnF, site Richelieu – Salle Emilie du Châtelet
58, rue de Richelieu
75002 Paris

« Lancer un nouveau média, un pari fou ? »
21h20 – 22h
Gaîté Lyrique
3 bis Rue Papin
75003 Paris

Femme homme, femmes homme, femme hommes, femme femme femme femmes femmes femme, homme femme hommes femmes hommes femme, femme homme femme, femme homme homme… Défendre la liberté de l’amour. Par Catherine Jourdan 14 janvier 2018 (Édition abonnés) 170 Commentaires

Turin psychique des reliefs des corps  Par Catherine Jourdan 8 janvier 2018 (Édition abonnés) 45 Commentaires L’homme de Turin avec toutes ses blessures, torturé à mort                                                Du jardin de Gethsémanie au tombeau,

à l’abri des rochers l’objet archéologique unique mystère en cours, outil catéchétique et signe       la Maison de Savoie

imprimant sa mesure, quelqu’un a su qui à peine passé. Pavese suicidé dans la chambre de l’albergo Roma, venant de Nice Nietzsche enlace le cheval.

 

"Hortus 2018 conclusus 2018 soror mea, sponsa 2018; hortus conclusus 2018 fons signatus" - 2018

 

/NOVEMBRE_DÉCEMBRE 2017

Où trouver le 1-le1hebdo.fr

Soeur du frère, fille du père: tante Par Catherine Jourdan 21 décembre 2017 (Édition abonnés) 114 Commentaires

Vers la courbe du Pô- Par Catherine Jourdan 16 décembre 2017 (Édition abonnés) 71 Commentaires Le parfum de l’eau latine à ton chevet, une vie distante. Ô givre, à cette source pieuse, l’hiver caresse l’aube- chaque signe. Une feuille à la traîne des courants primitifs se détache d’une branche. La voix des adultes un ciel blanc morte dans l’air parmi les voix de la famille un non chemin qui commence et se coupe. La solitude de la lueur est la solitude de ta naissance et cependant des feux extasiés de cheminée, toutes les figures la nuit, mais cette aube recréatrice suspendue fervemment intérieure potron-minet. Le poème en est une autre. (…)

Un grain de sénevé- Par Catherine Jourdan 7 décembre 2017 (Édition abonnés) 139 Commentaires

L’imminence du jour Par Catherine Jourdan 28 Novembre 2017 (Édition abonnés) 62 Commentaires                                                                                                             

Écriture parle à celle qui lit, croît avec celle qui la lit. Ce n’est pas elle qui lit, en lieu de toi c’est l’écriture qui lit. À sa cime, un fruit. Le primat de la parole ou le va-et-vient terrestre de ta chance … Le numineux puis la réalité des réalités, la réalité invisible sur le rideau jauni- un avoir été et les dimanches anciens et le voyage. Creuser profond- aussi le blanc et le noir des soutanes immenses ténues au temps des préparatifs, les multiples sens de la vie et ses milliers d’yeux. Ce qui vaut et ce qui ne vaut pas  essaim de mouches  abîme de soif Ma tante sur un lit d’hôpital  Amie. L’écoute active qui intériorise, le grand nous des croyants et les cœurs disponibles au coeur des morts toi seule et le meuglement des troupeaux et des ânes se levant. Amie intensément. Demeurer-Se répandre va son chemin (…)

 

Maison (…) Par Catherine Jourdan 21 Novembre 2017 (Édition abonnés) 58 Commentaires 

forbiddenstories.org   Lancement de  (Freedom Voices Network et Reporters sans frontières (RSF)). Un projet destiné à protéger, continuer et publier le travail des journalistes en danger dans le monde. KEEP STORIES ALIVE.

                                                                                         

Forbidden StoriesContacts RSF Presse France :   Emilie Boulay, eboulay@rsf.org, 00 33 (0)6 77 92 16 77                                                  

 

/SEPTEMBRE_OCTOBRE 2017

Les fémines étrusques Par Catherine Jourdan 18 Octobre 2017 (Édition abonnés) 124 Commentaires

Fibules d’or    leurs animaux presque fantastiques, des files de lions dressés, gueules ouvertes montrant la langue.                                                                                                     Des uns jusqu’à l’autre, une femme riche porte les calcei repandi, la dernière halte et ferme les paupières. Son vol même perce les reins dans une aristocratie menacée, naguère si douce le soleil sur la peau.

Tanaquil, Vélia Spurinna, Larthia, Ramtha Fasti Tullia joyeusement avant Rome, et le parfum et les huiles de massage dans un alabastre, descendante de Noé ? Peuple des Rassenna, cette voix à distance le goût tiède. La chair l’instant, le recours au carbone 14, d’autres méthodes de datation, une odeur de myrte la vie durant. Le cours de l’Arno, celui du Tibre et la mer tyrrhénienne fixent le sang, réussissent des calculs. Les mystères qui entourent l’Étrurie malgré l’atmosphère toscane et les tombes qui débordent de sève parmi les débris jusqu’au Golfe de Salerne. À la cime, un cône peut-être une pomme de pin.

Une pratique de la divination, Tagès comme une glèbe, jaillit d’un sillon que les paysans tracent dans leur champ, blés en éveil, et la nymphe Vegoïa et les choses futures glissent dans les herbes épaisses. Lire dans les entrailles animales, tandis que le foie de Plaisance n’est qu’une projection de l’univers et les Odyssées avec la bile. Aussi monde, personne, lettre, satellite – rêvés les éléments de la langue, diffusés dans la plaine du Pô. Sur mon épaule, leurs fumées froides, le rêve en recours.

À coté des tumulus s’élèvent des tombes a dado, dedans les miroirs et les flabelli montés sur un long manche.

Un hypogée et la tombe a camera creusée dans le tuf. Des offrandes végétales, des restes osseux et les vases à boire à vernis noirs – céramiques de Bucchero- quelques armilles, des épingles de parade. Des visages sont toujours de profil, et des bustes de face. Une urne cinéraire dans la lumière de midi est munie d’un protomé de coq. Sur le tympan supérieur du mur, va une scène érotique estimée homosexuelle, des danses d’ivresse et des jeux de plein air de pugilat et des chasses et des pêches. Les dauphins et les volatiles stylisés préparent la mort des yeux qui s’éteignent.

Uni, Aritimi, Menrva, Turan, Maris chacune tient une olpé à la main remplie de vin. Les banquets vêtues d’un chitôn, dans les cheveux des petits ornements de bronze, à l’instar des bijoux de coiffures de dreadlocks.

Plus l’aulos est petit, plus le son est aigu. Et puis les duos de musiciens, la citharède et l’aulète au fond des énigmes.

Il faut quelques secondes dans le monde extérieur persévérant. La robe toge bleue claire avec le reste du trousseau funéraire. Un regard se pose. Le regard de celle qui attend traversé par l’aube. Elle a le souvenir. L’ancienne année, ce regard croisé le son des notes moyennes dans la poitrine. De la terre monte la fumée. Museo museo archeologico, come raggiungere il museo (…)

                                                                               

Princesse règne Par CAHETRINE JORDAUN Le 02/10/2017 (Édition abonnés) 116 Commentaires

32 critères jusqu’à la lie… La belle ombre la langue humide un dieu serpent protège sa tête.

Son corps, famille des moracées,

comme le banian d’Inde famille des marchands indiens,

profondeur et majesté séculaires, une forêt à elle seule.

Les branches de l’arbre pendent à la terre, lianes, tiges et deviennent racines à leur tour pendantes aériennes depuis les branches horizontales. Troncs multiformes. Dans la vie, le corps de fille prépubère donne naissance au corps qui lui-même donne naissance encore. Feuilles persistantes, hymnes ultimes  védisme et l’arbre se répand comme un vaste réseau, uni le Tout.

De longs cheveux Newar rassemblés en chignon et traverse les saisons, cerne les yeux d’un trait lourd d’eyeliner.

Les deux poussent à la fois. Rouge, poudre jaune et rouge au milieu de son front. Les pieds passés au minium, (socquettes roses) pieds posés sur un plateau circulaire en laiton.

La tradition du culte vierge royale, quelques initiés tantriques –veiller sur les animaux morts,  l’odeur qui en émane. Tandis que les premières règles de sang sonnent le glas, à travers elle Taleju des rois Malla l’inaccessible quitte son corps. La cadence naturelle. Kumari demeure quelques années, dans le palais de briques supporté par des étais,  fillette adolescente destituée révoquée une petite fille neuve prend sa place. Remplaçante de la remplaçante. Déesse vivante naufrage sur un palanquin de bois plateforme, d’un lieu à l’autre, trône portable au dessus des foules et le parasol doré grand ouvert. Crevante d’amour et le rêve hors du sommeil. Kathmandu, Patan et Bhaktapur. 3 royaumes au total où voix étranglées 3 créatures kumaris patientent. À Patan, elle se laisse photographier dans la cave du cœur, vertigineuse. 40 dents, de longs orteils, les organes sexuels enfoncés dans le bassin, les joues comme un lion. Survivante provisoire, idéalement où scintille le diadème. La musique du non-être et tous ses exercices exemplaires s’émancipent.(…)

 

Île divine Le 25 septembre 2017 Par Catherine Jourdan  (Édition abonnés) 68 Commentaires

Armée de l’égide et des présages et des choses tirés du vol des oiseaux.

J’habite la roche, le soleil fissure. L’appel trop loin. Une cloche de bête tinte, sonnaille portée au col d’une bête dominante. À chaque cloche, une note précise. La pleine patience canalise la marche milliers de têtes sur le sol de poussière, évite les pertes autour du berger regroupés dans le noir de la nuit- surtout la nuit royaume des échos et les chiens tournoyent. Biquettes fouillis, cheptel ovin, mâles castrés bêlent et les Pléiades transhumantes. Sonnaille retirée de retour au port. Sauf aux porteuses perpétuelles. La vie vécue.

Entre fibres mohair et chair, le rendement de son poil. Brouter. Les élevages. Viande et laine. Les circonstances exactes et les joies authentiques et les stocks. Entre silence et bruits, les bêêê qui insistent.

Partout la montagne tombe dans la mer. Les lauriers roses éloigneront par leur substance cardio-toxique les animaux herbivores. Ombres roses ainsi. Comme la digitale pourpre et ses grappes et ses formes de doigt de gant. À mi-pente, des grandes remues (…)

 

Valkyrie choisit les occis dans l’atmosphère. Le 22 septembre 2017 Par Catherine Jourdan (Édition abonnés) 35 Commentaires    Tisserande de lin et ses chevauchements, pierre quenouille,

la maîtresse des tués nettoie les champs de bataille.

Lieuse envoutée et ses coursiers volants loups.

Seuls dans la plaine et l’agonie et les renvois de mort, estivante.

Femme-Corbeau, sous sa trace se forme l’aurore boréale, accueille les morts guerriers audacieux, une corne à boire. Le Valhalla (la Valhalle) est confortable. Un espace de trêve est la limite du royaume.

 

Sa forme de cygne. Vierge-Cygne au banquet des Ases, sanglante. La cygne devenu bateau (barque tombe) sur une mer, laisse son corps à terre.

Rase les flots. Le char de Freyja est tiré par deux lynx bleus, la tête,  des favoris le long des joues, et les longs pinceaux auriculaires. Capteurs de sons. Le manteau magique de plumes et le mythe viking, la sorte de Parque nordique, au ciel d’Indra une aspara véddique.

Toute Sage, la spiritualisation de l’oiseau au cri perçant tournoie les ondes hertziennes.

 

La Norne grave le destin de l’enfant sur un bâtonnet, inscriptions runiques, les dessins des mots le long du grain du bois. Géante colossale l’Avenir. Skuld, nos futurs.

Valkyrie offre un souhait. Mortelle versée dans la magie au fil des secondes et puis la main.

/AOÛT 2017

Deux penseés Icicle, un mauve  Par Catherine Jourdan- 17 Août 2017 (Édition abonnés) 89 Commentaires

Rouge hybride+Rouge hybride= Mauve                                                                                     Jaune + Rouge hybride = Mauve    traverse Paris                                                               On organise des jeux. Moins d’impôts. Moins de dévoration de nos empreintes.          Pensez à moi comme je pense à vous,           l’insomnie et la mélancolie,     pieds scandent les bourreaux d’hier, l’occupation du temps.               Des corolles ornent la nuque tréssée des femmes athéniennes et sans durée et les jardins de simples et des monastères. Je sens à peine. Je suis enfant à travers le présent. Aucune urgence. Pourtant l’agonie rampe. Chose plus fragile que les choses. Nous fixons l’initiation, les pays des miroirs, les barbelés de fer et les ongles postiches.

Pollinisées les fleurs par le vent, les abeilles    mauves poussées seules dans la beauté de la terre. Io est toujours aimée de Jupiter qui se change en nuage armé de langues. Du détroit du Bosphore à l’Egypte, qu’importe le vêtement cérémoniel !                                                                                                      Petites presque naines, fleurs miniatures souveraines sur mon balcon, violette ou pensée ?L’une, deux pétales en haut et trois en bas. Avec l’autre, quatre pousses au sommet, une pousse au pied.  La violette fait la tête, la pensée sourit, les veines calmes jusqu’au terme naturel. Bien qu’elles ne se laissent cueillir qu’à la main (elles survivent peu une fois coupée), le dos courbé des immortels, au bout d’un moment la plante arrête sa croissance puis fane dans la jardinière.                                                                             Violante, l’emblême de Parme, l’enfance est terminée.                                                              « Berthe Morisot au bouquet de violettes » Madame Edouard Manet. Au milieu de l’orgueil, aujourd’hui a lieu. L’écuelle du cœur sortilège.(…)

 

Pavement de guépards (…) Par Catherine Jourdan 9 août 2017 (Édition abonnés) 54 Commentaires

La maison de l’ambassadeur de Malte. Le nid dans la maison d’été. Le nid installé sur la pergola au creux d’un bois miteux sous-poutre. Chaque espèce d’oiseau construit un nid qui lui est propre. Donc le nid dans la maison sur la terrasse, la sueur d’artisanat là où pendent quelques brindilles. Nid occupé comme la sala est un pavillon pour le repos. Le temps en sursis d’un seul tenant. Les chants délimitent les territoires et les oisillons aveugles et effroyablement nus.  Gosiers jaunes vifs immenses par rapport au corps, leurs cris répétitifs de quémande par la fente. A la venue des parents, les allers-retours mâle et femelle se relayent-longs cous, larges becs les têtes remuent entre leurs lèvres bouches sans paroles et les nourritures de la terre. Vers,       faim-soif et le règne des après-midi brûlants dans la corde du silence. Autour de Dieu l’oisillon déchiré par sa chute. Puis d’un seul coup le nid vide, la dureté du sort comme les couvents sont vides. Une fin douleur à vif, une heure ou deux.(…) Par Catherine Jourdan 3 août 2017 (Édition abonnés) 111 Commentaires

 

Juin 2017 Parution N°21 PAPIERSLe vrai, le faux et le presque vrai

 

/JUIN_JUILLET 2017

Madrée d’amour (…)  Par Catherine Jourdan 8 juillet 2017 (Édition abonnés)                     75 Commentaires 

Charité animaux! Et la faune de la terre, individus et la raison des choses lentement. Refaunation. J’écoute le chant du cygne et ses diadèmes de solstice: la liberté de l’homme aux plumes antérieures. Surpopulation humaine, ses plumes parlent… L’aliment des yeux, le poisson et les fosses marines et les fêtes humides. Êtres et choses. Invertébrés les espèces, comme éponges et le papillon sont menacés d’extinction. Déliés les mondes, ligne de coeur et fleurs abstraites, d’autres ouïes. Le feu est le rire rugi du jaguar, sais-tu ce prodige? Quelques lions indiens encore dans la forêt de Gir. Pourtant décimés, les pangolins trafiqués et bouillis, écailles et chair.  (…) Catherine Jourdan 1 juin 2017 (Édition abonnés) 47 Commentaires

 

 

/AVRIL_MAI 2017                                                                                                     

 

L’illusion crée l’illusion. Depuis la haie, nous avons posé l’éclat.  (…) Par Catherine Jourdan 29 Mai 2017 (Édition abonnés) 110 Commentaires

Suzanne, tes mouchoirs aqua mirabilis. Par Catherine Jourdan 19 Mai 2017 (Édition abonnés) Grand-mère des choses et soeur des bercements. (…) 54 Commentaires 

Là où campe les herbes aînées. Par Catherine Jourdan. Nul sauf-conduit. Aucun des sentiments. Chaque tige de luzernes arborescentes, chaque regard, chaque colza en fleur. Mélopée nos foulées. Le ton, mangeur d’ombres et ces voies ferrées à travers soif et faim-Tasses d’écume, écuelles du coeur. Irradier d’une lumière joies nasales    les champs jaunes purs tremblants en éveil, l’aspect brillant de leurs graines, le regain, et leurs fenaisons, puis le regain comme un kilim d’or qui s’émeut de la beauté et justifient nos existences, le nectar demain et nos embruns. La terre encore dans nos mains, d’où sont germées les enfants de la mer et les rochers délivrés et le lieu ancien- Miel de Printemps aimé par le feu- Bohémiens de nous-mêmes à l’amour du prochain. L’un guérit son coeur inonde. (…) 9 Mai 2017. (Édition abonnés) Catherine Jourdan    43 Commentaires

 

/MARS 2017 EN APPART’É;  24_26 1ère édition du festival de créations littéraires  et théâtrales en appartement- Salons du Nord et de l’Est parisien. Lecture performance.   

 

 

/ LA NATURE ÉVIDENTE- Je suis la Rivière, et la Rivière est moi. 17 Mars 2017. (Édition abonnés) Catherine Jourdan

 

Extrait (…)    LA NATURE ÉVIDENTE

LA NATURE ÉVIDENTE – 17 Mars 2017- Par Catherine Jourdan    77 Commentaires

Je suis la Rivière, et la Rivière est moi. – Heure joyeuse dans la saison des fruits sauvages, Nouvelle Zélande, les choses, et les gens, le cours d’eau Wanganui est un être unique vivant. « Partant des montagnes jusqu’à la mer, y compris ses affluents et l’ensemble de ses éléments physiques et métaphysiques ». Il obtient ainsi sa propre identité juridique, dotée d’une vie autonome. « Reconnaissance de la connexion profondément spirituelle entre l’iwi (tribu) Whanganui et son fleuve ancestral ». Et la terre vogue. Délivrée. Et les galops de chevaux. Non nuisance à l’égard de tous les êtres vivants. Respect de toute forme de vie. Amélioration de leur protection. Et c’est toutes les voix humaines et c’est le cœur humain dans sa chair qui doivent symboliser, représenter l’eau, le feu, le vent, les forêts, les mers et défendre leurs intérêts. A l’instar des enfants, et des personnes handicapées de l’oubli et des aliénés à l’extrême du Printemps. Accorder à la Nature et aux Animaux la qualité de sujets de droit. Une part de moi-même.

 

Pour aller là où l’on vit toujours.

 

Déjà l’Équateur l’ami comme un oiseau immense. Déjà en 2008, l’Équateur reconnaît des droits dans sa Constitution à l’ensemble de ses montagnes, de ses rivières et de ses terres. Et de ses plaintes jadis interdites, le destin intensément renoue avec l’origine. Dans le texte, la Nature évidente est Pacha Mama. Diversité des peuples et des espèces-symbioses entre l’homme et la nature. Pacha Mama, où se reproduit et se réalise la vie, a le droit au respect de son intégrité physique, le droit à la préservation de ses processus de régénération et au renouvellement de ses cycles vitaux. La nature jouit du droit à la vie, du droit à la protection et de celui de se reproduire. La Terre Mère cesse d’être un objet d’appropriation, de saisies obscures. Les ressources naturelles non renouvelables font partie du patrimoine inaliénable et imprescriptible. Et puis en 2009, la Bolivie se dote aussi d’une Constitution qui reconnaît la Terre Mère Nature comme sujet de droit dans la moindre illusion. Seul été ? La Mère a ta rive.

 

« E rere kau mai te Awa nui

Mai i te Kāhui Maunga ki Tangaroa

Ko au te Awa, ko te Awa ko au

The Great River flows

From the Mountains to the Sea

I am the River, and the River is me. This whakataukī speaks of the awa, the river, as an indivisible and living whole from the mountains to the sea, its tributaries and all its physical and spiritual elements. It speaks of the indivisible connection that we have as people, all people, to the life that comes from water. » °Metiria Turei
- Speech to Green Party AGM, 5 June 2016

 

D’innocence. Tes longs regards… J’ai compté sur mes doigts les vents interrompus. L’amour seul. Surtout malgré nos mains maladroites et les orgueilleuses colères, harmonie, la vie n’est pas anthropocentrique : les sujets de droit sont humains et non-humains. Toujours les éléments de la Nature interfèrent et se mêlent et renouent l’invisible fil et le flamboiement. L’homme témoin n’est qu’un élément de la nature parmi d’autres, fidèle infidèle au monde. Des relations doriques plus inclusives entre homme et nature et homme et animal (voir Version femina  Décembre 2013) sont, adviennent et le temps les affûte aux années futures. Lune et soleil avec la nature, lunes et soleils avec l’animal, les sociétés humaines et les crépuscules lents des divinités et leurs feuilles illuminées. Nouer des relations fortes avec une ortie, un chat nocturne au même titre qu’avec un humain ou une algue, des troupeaux de brebis, des pensées jaunes… Étoiles. Les épouser, les retrouver vers l’infini ouvert. Heure joyeuse, où je naviguais de ton coté. Pleine d’écho dans ton corps- toute Présence. (…)

NB/ Le Gange et son affluent le Yamuna, viennent aussi d’être reconnus comme « des entités vivantes ayant le statut de personne ». Cette décision, rendue le 20 mars 2017 par la Haute Cour de l’État himalayen de l’Uttarakhand, intervient moins d’une semaine après la reconnaissance du fleuve Whanganui en Nouvelle Zélande comme entité vivante. Enfin, les glaciers Gangotri et Yamunotri ainsi que d’autres entités naturelles himalayennes (cascades, lacs, forêts, prairies)  ont reçu le statut de personnalités juridiques.  »Ces entités auront désormais les mêmes droits que les êtres humains, et toute blessure ou dommage qui leur serait infligé(e) sera considéré(e) comme une blessure ou dommage infligé(e) à des êtres humains ». Songe ouvert: à quand l’extension des devoirs de l’homme à leur endroit… En attendant la reconnaissance du crime d’écocide. Un pas de plus.

Catherine Jourdan

Crédit photo: catherinejourdan.com

 

BELLE ANNÉE 2017

 

Et ceci, et cela ! Décroche les corbeilles tressées. Je, nous, vous souhaitons tous nos « veux ».

Sur le fuseau de nacre, la faille béante, les fruits blets, les séries de cris des corbeaux prophétiques, vaticinants, arraché au bec de l’oiseau de bonne augure et l’aboiement languide des chiens

Rime multiple, plane l’année qui va entrer dans l’avenir, plane la toison nue-tête et la paille légère et la vigie son rire souple croise les pans de sa blouse. Un lange ? Do, do, l’enfant do,

L’enfant dormira bien vite.

Do, do, l’enfant do,

L’enfant dormira bientôt. Vomi de bébé en pleine nuit. Une main en avant. Et je songe. Voilà 2017 qui brûle les lèvres, les landes et les saintes forêts avec le suc des fleurs. Le murmure du feuillage insiste. Catherine

/Les valeurs de l’eau – Lutte d’usure assise dans l’herbe fraîche le drap durable des eaux stupéfaites… Deshydrater les économies, descendre du rocher, donner à tous appuyé contre le dos du banc, l’eau claire qui ne croît pas. Chacun a une extrémité et qui flotte sur la rivière. 6 janvier 2017, ( Édition abonnés) Catherine Jourdan

 

//Ô Turquie, le sonore secret. Ta beauté vise plus haut, les pieds s’enfoncent. Haute, la pluie redouble sur la forme de l’autre. Haute, noyau même de l’être, cette évocation des jours. Le 25 Novembre 2016 ( Édition abonnés). Par Catherine Jourdan  

Post Scriptum-Aslı Erdoğan, who has been arrested by law enforcement due to her links and articles appeared in the daily Özgür Gündem, is one of the world’s most notable novelists.  Her only wish for her country is to live in a better, more democratic and civilized society and produces work towards this wish while promoting Turkish literature globally.

///Exilées-Soeurs: conditions de vie. Du fond de toi. Chaque pétale à ton oeuvre. Le 9 octobre 2016 (Édition Abonnés) Par Catherine Jourdan 

////La justice est une responsabilité humaine,  le 13 septembre 2016- (Édition Abonnés) Par Catherine Jourdan 76 Commentaires

////L’exilé, le droit d’asile refusé-l’homosexualité non crédible et le vert tendre jardin d’éole, 1er juin 2016 Par Catherine Jourdan

 

////Naître en mer, quelles nationalités ? Par Catherine Jourdan 23 commentaires

 

//////Campement de Stalingrad, 2 mai 2016                                                                                    Par Catherine Jourdan  122 Commentaires

(Extrait)

Un passé fabuleux. Je cherche l’éclat des voix et des poèmes.     Indomptables.

A la frontière du 10ème et du 19ème arrondissement, le vide administratif de l’Etat happé par l’émeraude et l’épouvantée dignité humaine et cette ombre vers nous, baisers sur la bouche. Des bouches te sourient et en lacet brillent des vertiges. Et la table du temps, pour la troisième fois (7 mars, puis 30 mars). Une nouvelle évacuation de centaines et de centaines de migrants a eu lieu ce lundi 2 mai, dans le campement de Stalingrad à Paris, installé sous le métro aérien. Malgré des conditions sanitaires altérées (cas de gale récurrents, tuberculose, heurts liés à la nourriture) beaucoup ont refusé d’être embarqués dans des bus qui devaient les emmener dans des centres d’hébergement incertains et des destinations floues, en Île-de-France et ailleurs.         Ils sont soudanais, érythréens, somaliens, yéménites, afghans… Sur un hypothétique tapis d’étoiles, le désir de roses roses, les tentes serrées les unes contre les autres. Quelques familles, des hommes qui se grattent sur le terre-plein carrié, des douleurs verticales qui ne veulent pas blesser. Et les arrivées épuisées se poursuivent sans prise de conscience, ni volonté politique. Odeurs fétides tanguent, détritus, cartons, couvertures duvets d’ailes en guise de lits secs. Le camp se déplace avec agilité sur les sons qui les allument et les cris des thés. C’est un flux migratoire constant et Paris, après Calais, une nouvelle ville refuge, fascinée par le vent et la sueur d’hommes. Remparts percés, beautés sauvages aux visages offerts, à l’envers de la vie. Et cette attente vaine et cette plage perdue dans le bleu absolu. « Je me suis habitué ici. » Comme toute naissance, aridité du front qui fonce et défend la rosée. (…). Publié le 2 Mai 2016, Catherine Jourdan – 43 Commentaires

 

                                                                                            catherinejourdan.com@Richard Ignazi

 

Publié le 22 mars 2016

 

 /MARS 2017-EN APPART’É; 24_26 1ère édition du festival de créations littéraires et théâtrales en appartement- Salons du Nord et de l’Est parisien. Lecture performance.

Crédit photo: catherinejourdan.com

 

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DÉCEMBRE 2016-JANVIER 2017

80071 L’hiver d’Anacapri-

 

NOVEMBRE 2016

Ô Turquie, le sonore secret. Ta beauté vise plus haut, les pieds s’enfoncent. Haute, la pluie redouble sur la forme de l’autre. Haute, noyau même de l’être, cette évocation des jours. Le 25 Novembre 2016 ( Édition abonnés). Par Catherine Jourdan

Post Scriptum-Aslı Erdoğan, who has been arrested by law enforcement due to her links and articles appeared in the daily Özgür Gündem, is one of the world’s most notable novelists.  Her only wish for her country is to live in a better, more democratic and civilized society and produces work towards this wish while promoting Turkish literature globally.

 

 

Appel au Président de la République, M. François Hollande Paris, le 16 novembre 2016

(…) Mais qu’en est-il pour les journalistes turcs?

Depuis la tentative de coup d’État du 15 juillet et la mise en place de l’état d’urgence, ils sont victimes de purges sans précédent. Aujourd’hui 185 médias ont été fermés. 148 journalistes sont emprisonnés transformant la Turquie en une prison, la plus grande au monde pour nos confrères. Le jour même où Olivier Bertrand était interpellé, le dirigeant du quotidien d’opposition Cumhuriyet, Akin Atalay, était arrêté, opération qui suivait l’incarcération du rédacteur en chef de ce quotidien et de plusieurs collaborateurs du journal.

Par ailleurs, nous déplorons que dans cette situation quelque 3 000 journalistes se trouvent privés d’emploi et des dizaines d’autres contraints à l’exil pour éviter de lourdes condamnations d’une justice aux ordres d’un pouvoir ivre de vengeance contre les journalistes des medias d’opposition.

Par de tels actes la Turquie viole l’Article 10 de la Convention européenne des Droits de l’Homme, garantissant le droit à la liberté d’expression, dont elle est pourtant signataire.  (…) SNJ.fr -Appel Intersyndical au Président de la République.

 

SEPTEMBRE_OCTOBRE  2016

Exilées-Soeurs: conditions de vie. Du fond de toi, chaque pétale à ton oeuvre. Le 9 octobre 2016 (Édition Abonnés) Par Catherine Jourdan 

La justice est une responsabilité humaine le 13 septembre. Par Catherine Jourdan (Édition Abonnés)

10188 people now in the Jungle -1022 of the 1179 children of the Jungle are alone ( Sept 2016)

• Family reunification cost through Citizens UK Safe Passage: £2000

• “The Great Wall of Calais” cost: £2m
• Numbers of children who could be legally brought to the safety of their families for the price of the wall: 1000
• 30 children reported missing by the Refugee Youth Service are currently still missing or unaccounted for

A 14-year-old boy was killed in the early hours of September 16th, on the motorway in Calais trying to reach his family in the UK. He was hit by a car. The driver did not stop. Many other children witnessed his violent death. He had already started the legal process under the Dublin 3 regulation for family reunification, but he had been waiting for so long he lost faith in the system and thought his only option was to risk his life in order to finally reach safety.

Like the children still trapped in the Calais Jungle, he is likely to have experienced enormous hardship, deteriorating mental health, police violence, hunger and the feeling utterly hopeless. Feeling that he had no rights as a human and as a child, that he was not worth the protection of any state, not worth any help.

The French authorities have announced that the Calais Jungle will be razed to the ground very soon, in a quick sweep of destruction. They have yet to make any provisions available for the protection of over 1000 children without family who live here. They have been systematically rejected when they sought protection, turned away from safe accommodation, turned away when they tried to seek asylum. The system is saturated, the authorities always say, and yet no solutions have been planned or acted upon.

When the Refugee Youth Service, the only active child protection and safeguarding agency in the Jungle, report a minor missing, the answer they receive is usually “we won’t do anything, he is one of many”. There is no obligation for state funded protection agencies to report a missing child without papers, prioritising his the lack of a piece of paper, rather than all national, European and international legislation for the rights of the child, or that fact that he is just this – a child.

The death of this young boy is not the first. But how long will government officials wait, how many more have to die, in order to make his death the last?

The Dubs amendment was passed in the British Parliament in May 2016 after enormous public support. So far, not a single child has been relocated to the UK under this provision, while the numbers keep increasing, while eligible children are aging out, while officials appear to be deliberately trying to wash their hands of these children. They seem to be deliberately neglecting them, in order to use them as pawns in a political game of blaming each other for not taking responsibility. The UK Government committed to relocating 300 unaccompanied children in time for school. That time is long gone now.

The boy who died could have been with his brother. He could have been in school. He could have been safe. Instead, he is lying on a cold bed, having been identified by the only people who care about him, volunteers at the Refugee Youth Service, who currently do the job of two governments, parents and friends.

1000 more children like him still wait.

These children face unimaginable horrors. As young as 8, children who are alone in the Jungle sleep in flooded tents, their clothes soaked to the bone every night, they are beaten, shot with rubber bullets and pepper sprayed by men who should protect them, they have answered a thousand questions to determine their worth within a broken legal and political system that doesn’t care, they go to sleep hungry, scared and hopeless.

They live in a slum with a population of 10188 people, many of whom were children at the start of their journey, many of whom are waiting to enter the French asylum system, but given no support, accommodation or information, many of whom are told “there is no space for you”.

From those Help Refugees surveyed on their experience with the French asylum system, 52% reported issues such as being provided no accommodation, long waits of up to 8 months, being turned away from buses to accommodation centres, and being given no information about the process and their status. Of responses about not being able to get on buses going to accommodation centres, 32% reported issues such as trying repeatedly and being turned away, being told there is no space and having slept overnight on the ground by the bus stop only to be told there is no space.

They wait, they get angry, they lose hope, and some die. This boy was the 13th death at the border this year. The first one this year was Masud, only 15, also in the process to legally join his sister in the UK. He also couldn’t wait. He also risked his life and died clinging on to his last hope.

During the violent demolition of the Southern half of the camp in March this year, 129 children could no longer be accounted for. No one looked for them. They joined the 10,000 missing refugee children across Europe. How many more to die? How many more to go missing? How much longer do they have to wait?

Amber Rudd has said in an exchange with Stella Creasy MP that these children “are not forced to come to the UK to find a bed, that they can claim asylum in France and the French state are happy to do that”. The reality we see on a daily basis is that while the French state may be happy to do so, they cannot, they do not have the capacity, they do not have the political will to actually act on their promises.

Refugee Youth Service report “Nowhere to Go”, published August 2016: A 16-year-old boy who arrived in the Calais camp and had nowhere to stay wanted to go to Saint-Omer and claim asylum in France. He was told there was no room and that he must wait in the camp. He had no alternative option other than to move into a tent with people he did not know.

Refugee Rights Data Project “The Long Wait” Report (http://refugeerights.org.uk/…/…/2016/06/RRDP_TheLongWait.pdf)
89.6% of children experienced police violence with 61.3% having experienced physical abuse

Defenseur des Droits (Office of the Defender of Rights, following repeated visits to the Jungle) report:
(http://www.defenseurdesdroits.fr/…/decision_2016-198_pdf.pdf)
Recommends as a matter of urgency the creation of day time and night time accommodation provisions for unaccompanied minors, following the same recommendation in April 2016, which has not yet been acted upon.

Project AMINA, funded by the government and managed by La Vie Active, meant to accommodate only 72 unaccompanied children will start construction in November. 72 of 1022 and growing. No other plans have yet been made.

FTDA (France Terre d’Asile, a government funded and UNHCR mandated child protection agency) have found 871 unaccompanied children on the 26th of August (http://www.france-terre-asile.org/…/communique-recensement-…), however, their centres of accommodation for these minors are as they say “over-saturated” and have been systematically been turning children away, that had been taken by the Refugee Youth Service to access safe accommodation.(Sources Help Refugees-L’Auberge des Migrants- L’Auberge des Migrants International-refugeerights.org.uk)

 

JUIN 2016

/Earthling Terrestre, 24 juin 2016-Spacio CUT, Milano

#93 Mars L’exilé, le droit d’asile refusé-l’homosexualité non crédible et le vert tendre jardin d’éole Par Catherine Jourdan, publié le 2 juin 2016

 

 

Naître en mer, quelles nationalités ? Par Catherine Jourdan, publié le 1er juin 2016

 

MAI 2016

#85 Mars Samedi 28 Mai 2016 Paris- QUARTIER DU VIADUC DES ARTS-17H-23H   Parcours littéraire en 19 lectures- ficep.info

 

 

#63 Mars

Campement de Stalingrad, 2 mai 2016                                                                                    Par Catherine Jourdan

(Extrait)   Un passé fabuleux. Je cherche l’éclat des voix et des poèmes.     Indomptables.

A la frontière du 10ème et du 19ème arrondissement, le vide administratif de l’Etat happé par l’émeraude et l’épouvantée dignité humaine et cette ombre vers nous, baisers sur la bouche. Des bouches te sourient et en lacet brillent des vertiges. Et la table du temps, pour la troisième fois (7 mars, puis 30 mars). Une nouvelle évacuation de centaines et de centaines de migrants a eu lieu ce lundi 2 mai, dans le campement de Stalingrad à Paris, installé sous le métro aérien. Malgré des conditions sanitaires altérées (cas de gale récurrents, tuberculose, heurts liés à la nourriture) beaucoup ont refusé d’être embarqués dans des bus qui devaient les emmener dans des centres d’hébergement incertains et des destinations floues, en Île-de-France et ailleurs.         Ils sont soudanais, érythréens, somaliens, yéménites, afghans… Sur un hypothétique tapis d’étoiles, le désir de roses roses, les tentes serrées les unes contre les autres. Quelques familles, des hommes qui se grattent sur le terre-plein carrié, des douleurs verticales qui ne veulent pas blesser. Et les arrivées épuisées se poursuivent sans prise de conscience, ni volonté politique. Odeurs fétides tanguent, détritus, cartons, couvertures duvets d’ailes en guise de lits secs. Le camp se déplace avec agilité sur les sons qui les allument et les cris des thés. C’est un flux migratoire constant et Paris, après Calais, une nouvelle ville refuge, fascinée par le vent et la sueur d’hommes. Remparts percés, beautés sauvages aux visages offerts, à l’envers de la vie. Et cette attente vaine et cette plage perdue dans le bleu absolu. « Je me suis habitué ici. » Comme toute naissance, aridité du front qui fonce et défend la rosée. (…)  Publié le 2 mai 2016

 

 

AVRIL 2016 

#34 Mars, place de la République: A human microphone, also known as the people’s microphone, is a means for delivering a speech to a large group of people, wherein persons gathered around the speaker repeat what the speaker says, thus « amplifying » the voice of the speaker without the need for amplification equipment.

The speaker begins by saying « mic check ». When the people near the speaker respond « mic check », the speaker knows they have the group’s attention. The speaker says a short phrase, part of a speech, and then pauses. Those that can hear what the speaker has said repeat the phrase in unison, and when finished, the speaker says another phrase, then pauses again waiting for a response, etc., until the speaker’s speech is complete.

If the entire gathering still cannot hear the speaker, organizers ask for additional repetitions by those at the limit of earshot. For large gatherings, this may require two or three waves of repetition. ( Wikipedia sources- Wanenchak, Sarah (Oct 6, 2011). « Mic check!”: #occupy, technology & the amplified voice ». The Society Pages. ) Par Catherine Jourdan- Publié le 4 Avril 2016

 

 

MARS 2016

/38ème Festival International de Films de Femmes de Créteil                                        Dimanche 20 Mars-Femmes/Genre/Cinéma-Lina Mangiacapre

Catherine Jourdan -Publié Le 22 mars 2016 Mise à jour le #56 Mars

 

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Coédition Le Temps des Cerises / La Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne_ Pour toute commande: Biennale Internationale des Poètes 8, Promenée Venise Gosnat 94200 Ivry- Prix public: 10 E 

 

 

///CASE TURQUIE mise à jour 31 mars 2016

 


 FEVRIER 2016

 

//// SOUS NOS YEUX                                                                                                                     Par Catherine Jourdan


Calais (France)-

Là   le bidonville (non pas jungle, mais jangal en persan— forêt simplement). Au nord,  près du port, et son ample monotonie-              la zone industrielle du chemin des dunes, les jeunes gens (syriens, soudanais, érythréens, bidounes du Koweit, iraniens,  éthiopiens, irakiens, afghans, kurdes…) marchent par petits groupes. Comme une vue familière dépaysée. En réalité, les plus robustes. Longeant la route, les grilles métalliques     des rouleaux de barbelés bourgeons du passé en oubli bloquent l’accès des ferries solitaires.

Là survivent entre 3700 et 7000 personnes exilées selon les sources, épuisées par le voyage. Stoppées dans leur fuite. C’est une impasse.

Loin de la ville, bien loin de la ville – du groupe statuaire d’Auguste Rodin et des commerces- les pieds des six bourgeois sacrifiés semblent avancer. L’arc d’un ciel. Le destin qui se lève. Certains ont déjà dépensé jusqu’à 10000 dollars pour être ici.

D’abord une bande de sable,      avant sous le pont de la rocade,      le graffiti de Bansky sur le béton:

La silhouette de Steve Jobs réfugié. A quelques mètres, un car blanc de Crs qui jouxte, surveille.   L’ordre des saisons. Commencent les flaques. Commence la boue glissante et souple. Commencent les cœurs éparpillés.                      Plus loin la route encore les routes, au bout l’eurotunnel, le tunnel sous la manche. L’accès inconnu sans égide. Les tentatives de passage par voie ferrée sont les plus dangereuses. Les corps sont percutés.

Dans le camp des hectares, l’anglais, la langue commune, les yeux parfois encore lumineux boivent de l’or-                                        démunis et les arbres déracinés.       Sinon on parle avec les mains, on se comprend aux regards. On fait google Traduction. Sinon il manque de traducteurs.

Des bénévoles disent « hello », distribuent des paquets de gâteaux et se relaient par centaines du monde entier. Ils sont les seules échelles de salut. Calais ville monde. Des files se forment devant des lieux de distribution (vêtements-pain-couvertures). Des bénévoles aussi donnent des cours de français. Il y a deux artères principales –pleines de trous, de nids de poule et les striures des pneus et les jeux des réseaux criminels. A gauche, des magasins, des bouis-bouis, des restaurants, boire un thé, des hommes sont assis le plus près des prises électriques pour charger leurs portables. Le ronron des groupes électrogènes masquent métronomes la pose de nouveaux conteneurs aseptisés. Posés là en rang, les uns sur les autres. L’accès à l’enclos quasi carcéral est biométrique. Un système de reconnaissance de la paume de la main permet les entrées et les sorties.

Au goût de vivre, les dents serrées sans autre escorte, sans une corde.

A droite, à nouveau des échoppes, des restaurants, des fours à pain, un naan accroché indique qu’ici on fait du pain- le hammam théâtre du rituel et le 3 star hôtel, l’école et des manuels et l’Angleterre en tête, des cabanes en bois de migrants et puis des cabanes de migrants, des latrines, des salons de coiffure-barbiers, des tentes fermées par des draps divinatoires gomment les repères, des abris de fortune bâchés de noir et de bleu, des bâches blanches, des bâches vertes, apprivoisées, dociles, des planches-ficelles-ordures-dessins, sculptures-palettes, des points d’eau. Plus en profondeur, plusieurs travées, des taudis partout. Et la violence la nuit. Et les viols contre les femmes livrées à elles-même.                    Essayer de passer, franchir le sas, passer encore, tenter sa chance- chaque fois que la météo le permet. Des heures répandues et des heures avec la mer, partout évidentes. De vagues. Attendre le moment propice pour réussir à passer. Pour toucher le but. Tenter chaque jour, chaque nuit sans sommeil. Parfois avec la tempête, les détecteurs ne fonctionnent plus et les chiens ne sentent rien.

La plupart des femmes et des enfants sont partis, il paraît. Des enfants, j’en vois pourtant encore beaucoup notamment jouant et riant à l’école, d’autres graves. Pour pire, demain et l’excès des jours sur le départ, une ronde innocente. Toujours l’Angleterre dans le flux de l’esprit. Leurs mères vivent cachées à l’intérieur. Vulnérables. Parmi elles des femmes enceintes. La difficulté de l’exode avec des petits. Certaines tentent de passer enceinte de huit mois ou jusqu’au terme de leur grossesse. C’est plus facile qu’avec un nouveau né.

Rejoindre des oncles des tantes ou nul, une femme de l’amour extrême, des baptêmes et des noces volées, un cousin. Immuablement. Les passeurs demandent 15000 E supplémentaires pour trente petits kilomètres de traversée. Une somme que l’on ne possède plus. Préférer la cache des camions, à coté des navettes de l’eurostar.

 

Et puis l’épaule de plomb, non pas l’évacuation de la zone Sud (celle de droite) du campement, mais le « déplacement », la dispersion qui rend invisible, l’arrivée des pelleteuses se poursuit… Les gens montent dans des cars, mais ils ne savent pas où ils vont. Le démantèlement à la hâte, une erreur colossale.                                                                                     L’abstraction et la lumière, la même histoire depuis Sangatte. Grande-Synthe, Norrent-Fontes, Chocques, Steenvoorde, Teteghem-Coudekerque-Village… Sur les décombres, je suis un fruit. Dans cette chambre, je suis un fruit. Pour peu que ce fracas. Les bouches lentes et celui qui désespère égaré dans le soir. Sa beauté et son rire de source. L’heure balafrée des cadrans. Ce qui n’a pas eu lieu bondissant…

Catherine Jourdan

Publié le 27 février 2016  

 

 

 

 

//LETTRE OUVERTE À BERNARD CAZENEUVE

Suite à l’annonce du démantelement de la Jungle de Calais par Mme La préfète du Pas-de-Calais, Médecins du Monde et sept autres associations demandent à Bernard Cazeneuve de surseoir à la décision de raser la « Jungle » où vivent des milliers de migrants.

 

Monsieur le Ministre,

 

Mme la préfète du Pas-de-Calais a annoncé la décision de raser la moitié puis sans doute la totalité de la « Jungle » de Calais dans les jours à venir. Nous avons conscience de la montée des tensions sur ce sujet dans le Calaisis et des réactions violentes que suscite cette situation. Néanmoins, nous regrettons de devoir vous faire part de notre profonde opposition à ce projet qui ne s’accompagne pas, à ce jour, de véritables solutions alternatives. Il ne fera qu’ajouter des tensions aux tensions, et fragiliser encore un peu plus les quelques milliers d’exilés que la France et la Grande-Bretagne se montrent incapables d’accueillir convenablement. Sans parler de l’effet désastreux que cela ne manquera pas de produire en France comme à l’étranger.

 

Les exilés ont occupé cette lande, il y a moins d’un an, à la demande voire sous la contrainte des forces de l’ordre. Sous votre impulsion et celle de la maire de Calais, les pouvoirs publics ont contraint en mars 2015 les exilés présents sur différents campements ou squats à venir s’installer sur ce terrain vague, dépourvu de tout équipement à l’époque, avec l’engagement réitéré des représentants de l’Etat de ne pas les déloger de force.

 

Moins d’un an plus tard, cet engagement est déjà renié.

 

Les conditions de vie – ou de survie – sont particulièrement difficiles dans la jungle, et il n’est pas question pour nous de vouloir pérenniser des conditions d’accueil à bien des égards dégradantes. Mais force est de constater que ce bidonville s’est développé ainsi du fait de l’impuissance des pouvoirs publics à apporter des réponses à la hauteur de la gravité de la situation. Les alternatives que la préfète estime suffisantes pour justifier le démantèlement de la jungle sont loin, très loin, de répondre aux besoins et aux problèmes rencontrés. De ce fait une évacuation brutale provoquerait des reconstitutions de campements notamment à Grande-Synthe.

 

La préfète évoque les 1500 places du centre d’accueil provisoire (CAP). S’il faut apprécier l’intervention directe de l’Etat dans ce dispositif, nous ne pouvons que constater qu’il est encore largement sous-dimensionné, et que des améliorations en termes de respect de l’intimité des personnes et des conditions de vie sur le site sont fortement requises. Si les autres lieux de vie existant aujourd’hui dans la jungle disparaissaient, il est fort probable que les exilés refuseront, pour beaucoup, d’accepter cet espace contraint du CAP.

 

Mme Buccio évoque également les CAO, les centres d’accueil et d’orientation. Les places disponibles comme la création de ces « centres de répit » ont constitué une innovation intéressante. Mais leur mise en œuvre se réalise dans une telle improvisation qu’ils ne sont pas en mesure, aujourd’hui, de répondre à leur objectif : absence de comité de pilotage national, coordination locale entre services publics, élus locaux, opérateurs, associations tâtonnante ou inexistante, absence d’articulation entre les acteurs calaisiens et les CAO ouverts sur le territoire, absence d’évaluation sanitaire et sociale et non prise en compte des besoins des exilés avant leur orientation vers les CAO, manque d’information ou désinformation des exilés sur le fonctionnement des CAO créant des situations d’échecs et de retours vers la lande, faible application de la possibilité d’admission vers l’Angleterre, orientation de mineurs isolés étrangers, etc. Alors que le but de ces CAO n’était pas seulement de mettre à l’abri les exilés, mais bien de leur offrir la possibilité de recevoir une information fiable avant de décider de demander l’asile en France, d’accepter une réadmission dans un autre pays de l’UE, ou d’établir qu’ils ont de bonnes raisons de vouloir se rendre en Grande-Bretagne, l’inorganisation actuelle et  l’insuffisance des moyens déployés rendent illusoire la réalisation de cet objectif. La bonne idée des CAO est aujourd’hui, par une mise en œuvre défaillante, aujourd’hui incapable de répondre aux questions de tous les exilés qui seraient disposés à réexaminer leur projet.

 

A cela s’ajoute la question à la racine du phénomène calaisien : les accords anciens qui contraignent la France à remplir le rôle de garde-frontière pour la Grande-Bretagne. Sans une renégociation d’ensemble et transparente des conditions dans lesquelles la France et le Royaume-Uni se répartissent l’accueil des exilés, le phénomène rencontré à Calais depuis des années ne pourra que perdurer. Cette renégociation s’impose d’urgence, et plusieurs parmi nos mouvements se concertent avec leurs partenaires britanniques pour inciter leurs élus à soutenir cette perspective. En attendant, nous constatons avec regret que les services de l’Etat n’ont pas fait le nécessaire pour prendre les mesures de recensement et d’examen des situations qui permettent la saisine des autorités britanniques afin que les exilés y ayant des proches puissent y accéder en utilisant les voies légales existantes. Après la décision du Conseil d’Etat, les quelques référés déposés récemment pour des mineurs isolés à Calais ont montré à quel point les défaillances de l’Etat étaient manifestes, y compris pour les plus vulnérables.

 

L’annonce du démantèlement de la Jungle dans les jours à venir nous paraît dans ces conditions inacceptable. Sans une évaluation des besoins sanitaires et sociaux des exilés avant leur orientation vers des centres dont la qualité d’accompagnement sera revue à la hausse à travers notamment un dispositif de coordination concertée entre les acteurs, sans une amélioration quantitative et qualitative de l’accueil dans le CAP sur le littoral, sans engagement, mesures et procédures adaptées pour permettre l’admission en Grande-Bretagne de tous ceux qui y ont des proches, le démantèlement de la Jungle ne pourra produire que de nouvelles atteintes graves aux droits des personnes.

 

En l’état actuel du manque d’alternatives sérieuses, vous aurez compris que nous vous demandons de surseoir à cette évacuation, et que nous serons déterminés, si cela devait se produire, à nous y opposer.

 

Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, l’assurance de nos sentiments distingués,

 

Publié le

19 février 2016

Véronique Fayet

Présidente Secours Catholique – Caritas France

Geneviève Jacques

Présidente de la Cimade

Louis Gallois

Président de la FNARS

Françoise Sivignon

Présidente Médecins du Monde

Guy Aurenche

Président CCFD – Terre Solidaire

Thierry Khun

Président Emmaüs France

Claire Hédon

Présidente ATD Quart Monde

Rachid Lahlou

Président Secours Islamique France

 

JANVIER 2016 

« Quand disparaîtra l’habitude de la conscience de voir dans les tableaux la représentation de petits coins de la nature, de madones ou de Vénus impudiques, alors seulement nous verrons l’œuvre picturale.

Je me suis transfiguré en zéro des formes et je me suis repêché … ». Kasimir Malevitch

 

Hannah ARENDT

« We Refugees » (Nous autres réfugiés) par Hannah Arendt

Tout d’abord, nous n’aimons pas que l’on nous traite de « réfugiés ». Nous nous baptisons « nouveaux arrivants » ou « immigrés ». Nos journaux sont destinés aux « Américains de langue allemande » et, à ma connaissance, il n’y a pas et il n’y a jamais eu d’association fondée sur les persécutés du régime hitlérien dont le nom pût laisser entendre que ses membres fussent des « réfugiés ».
Jusqu’à présent le terme de réfugié évoquait l’idée d’un individu qui avait été contraint à chercher refuge en raison d’un acte ou d’une opinion politique. Or, s’il est vrai que nous avons dû chercher refuge, nous n’avons cependant commis aucun acte répréhensible, et la plupart d’entre nous n’ont même jamais songé à professer une opinion politique extrémiste. Avec nous, ce mot « réfugié » a changé de sens. On appelle de nos jours « réfugiés » ceux qui ont eu le malheur de débarquer dans un nouveau pays complètement démunis et qui ont dû recourir à l’aide de comités de réfugiés.
Avant même que cette guerre n’éclate, nous nous montrions encore plus susceptibles quant à l’appellation de réfugiés. Nous nous efforcions de prouver aux autres que nous n’étions que des immigrés ordinaires. Nous affirmions être partis de notre plein gré vers des pays de notre choix et nous niions que notre situation eût rien à voir avec les « prétendus problèmes juifs ». Certes, nous étions des « immigrants » ou de « nouveaux arrivants » qui avions abandonné notre pays parce qu’un beau jour il ne nous convenait plus, voire pour des motifs purement économiques. Nous voulions refaire nos vies, un point c’est tout. Or cela suppose une certaine force et une bonne dose d’optimisme : nous sommes donc optimistes.
En fait, cet optimisme est vraiment quelque chose d’admirable, même si c’est nous qui l’affirmons. L’histoire de notre lutte est désormais connue. Nous avons perdu notre foyer, c’est-à-dire la familiarité de notre vie quotidienne. Nous avons perdu notre profession, c’est-à-dire l’assurance d’être de quelque utilité en ce monde. Nous avons perdu notre langue maternelle, c’est-à-dire nos réactions naturelles, la simplicité des gestes et l’expression spontanée de nos sentiments. Nous avons laissé nos parents dans les ghettos de Pologne et nos meilleurs amis ont été assassinés dans des camps de concentration, ce qui signifie que nos vies privées ont été brisées.
Néanmoins, dès que nous fûmes sauvés – et la plupart d’entre nous durent être sauvés à plusieurs reprises –, nous commençâmes notre nouvelle vie en nous efforçant de suivre au pied de la lettre tous les conseils avisés de nos sauveurs. Ils nous demandèrent d’oublier, et nous oubliâmes effectivement plus vite encore qu’on eût pu le croire. Ils nous rappelèrent amicalement que ce nouveau pays deviendrait une nouvelle patrie et, de fait, au bout de quatre semaines en France ou de six semaines en Amérique, nous nous prétendions français ou américains. Les plus optimistes d’entre nous allaient même jusqu’à prétendre que toute leur existence préalable s’était écoulée dans une sorte d’exil inconscient et que seul leur nouveau pays leur avait révélé ce qu’était véritablement une patrie. Sans doute élevons-nous parfois quelque objection lorsqu’on nous demande d’oublier notre précédente profession et il nous est extrêmement difficile de nous débarrasser de nos anciens idéaux lorsque notre statut social est en jeu. En ce qui concerne la langue, nous n’éprouvons en revanche aucune difficulté : au bout d’un an seulement, les optimistes sont convaincus qu’ils manient l’anglais aussi bien que leur langue maternelle et, au bout de deux ans, ils jurent leurs grands dieux qu’ils le parlent mieux que toute autre langue – se souvenant à peine de l’allemand.
Afin d’oublier de façon encore plus efficace, nous préférons éviter toute allusion aux camps de concentration ou d’internement que nous avons connus dans presque tous les pays d’Europe – ce qui risquerait en effet d’être interprété comme une attitude pessimiste ou un manque de confiance dans la nouvelle patrie. Combien de fois ne nous a-t-on pas en outre répété que personne n’aime entendre parler de cela ; l’enfer n’est plus une croyance religieuse ni un délire de l’imagination, mais quelque chose de tout aussi réel que les maisons, les pierres et les arbres qui nous entourent. Manifestement personne ne veut savoir que l’histoire contemporaine a engendré un nouveau type d’êtres humains – ceux qui ont été envoyés dans les camps de concentration par leurs ennemis et dans les camps d’internement par leurs amis.
Même entre nous nous n’évoquons pas ce passé : nous avons trouvé au contraire une manière bien à nous de maîtriser un avenir incertain. À l’instar des autres, nous faisons des projets, formulons des vœux. Mais, par-delà ces attitudes très généralement humaines, nous nous efforçons d’envisager l’avenir de manière plus scientifique. Après une telle malchance, nous désirons nous engager sur une voie vraiment sûre. C’est pourquoi nous abandonnons la terre avec toutes ses incertitudes et nous tournons nos regards vers le ciel. Ce sont les astres – plutôt que les journaux – qui nous prédisent la victoire de Hitler et la date à laquelle nous deviendrons citoyens américains. Les astres nous paraissent plus fiables que tous nos amis ; ce sont eux qui nous apprennent quand doit avoir lieu le déjeuner avec nos bienfaiteurs et quel sera le jour le plus propice pour remplir l’un de ces innombrables questionnaires qui accompagnent nos vies actuellement. Parfois même nous recourons aux lignes de la main, voire à la graphologie. Ainsi en apprenons-nous moins sur les événements politiques que sur notre cher « Moi », même si la psychanalyse est un peu passée de mode. Révolue l’époque heureuse où, par ennui, les personnalités de la haute société évoquaient les frasques géniales de leur petite enfance ; elles ne veulent plus entendre parler d’histoires de fantômes : ce sont les expériences réelles qui leur donnent la chair de poule. Il n’y a plus besoin d’ensorceler le passé, il l’est suffisamment en réalité. Ainsi, en dépit de l’optimisme que nous affichons, nous utilisons toutes sortes de recettes magiques pour évoquer les esprits de l’avenir.
Je ne sais quels souvenirs et quelles pensées hantent nos rêves nocturnes et je n’ose m’en enquérir car moi aussi je me dois d’être optimiste. Mais parfois j’imagine qu’au moins la nuit nous pensons à nos morts, que nous nous souvenons des poèmes que nous avons aimés autrefois. Je pourrais même concevoir comment nos amis de la côte Ouest, durant le couvre-feu, ont pu nous considérer non seulement comme des « citoyens en puissance », mais comme d’actuels « indésirables ». En plein jour bien sûr, nous ne devenons indésirables que « techniquement » parlant, tous les réfugiés le savent. Mais lorsque des motifs techniques vous ont empêché de quitter votre patrie lorsqu’il faisait noir, il n’était certes pas aisé d’éviter quelques sombres réflexions sur les rapports entre la technicité et la réalité. Décidément notre optimisme est vicié. Témoins ces curieux optimistes parmi nous qui, après avoir prononcé d’innombrables discours optimistes, rentrent chez eux et allument le gaz ou se jettent du haut d’un gratte-ciel, et qui ont l’air d’attester que notre gaieté affichée est fondée sur une dangereuse promptitude à mourir. Élevés dans la conviction que la vie est le plus précieux de tous les biens, et la mort l’épouvante absolue, nous sommes devenus les témoins et les victimes de terreurs bien plus atroces que la mort – sans avoir pu découvrir un idéal plus élevé que la vie.
Ainsi, bien que la mort ait perdu à nos yeux son caractère horrible, nous ne sommes pas pour autant devenus capables ni désireux de risquer notre vie pour une cause. Au lieu de se battre ou de se demander comment résister, les réfugiés se sont habitués à souhaiter la mort de leurs amis ou parents ; lorsque quelqu’un vient à mourir, nous imaginons tranquillement tous les maux qui lui ont été épargnés. En définitive, beaucoup d’entre nous finissent par souhaiter s’épargner eux aussi la souffrance et agissent en conséquence.
Depuis 1938, depuis l’invasion de l’Autriche par Hitler, nous avons vu avec quelle rapidité l’optimisme éloquent pouvait se muer en un pessimisme silencieux. Au fur et à mesure que le temps passait, les choses ont empiré : nous sommes devenus encore plus optimistes et encore plus enclins au suicide. Les Juifs autrichiens sous Schuschnigg étaient des gens extrêmement sereins – tous les observateurs impartiaux les admiraient. Il était merveilleux de voir à quel point ils étaient intimement convaincus que rien ne pouvait leur arriver. Mais lorsque les troupes allemandes envahirent le pays et que les voisins non juifs provoquèrent des émeutes à la porte des Juifs, les Juifs autrichiens commencèrent à se suicider.
Contrairement à d’autres suicidés, nos amis ne laissent aucune explication de leur acte, ne formulent aucune accusation, n’incriminent pas ce monde qui contraint un homme désespéré à parler et à se conduire sereinement jusqu’à son dernier jour. Les lettres qu’ils laissent sont conventionnelles, ce sont des documents sans signification. C’est pourquoi les oraisons funèbres que nous prononçons devant leurs tombes sont brèves, embarrassées et pleines d’espoir. Personne ne s’interroge sur leurs motifs : ils nous paraissent clairs.
J’évoque ici les choses impopulaires et, pire encore, je n’allègue même pas à l’appui de mes dires les seuls arguments susceptibles d’impressionner à notre époque moderne – à savoir des données statistiques. Même ces Juifs qui nient farouchement l’existence du peuple juif nous offrent une belle chance de survie en tant que données statistiques. Comment pourraient-ils sinon prouver que seuls quelques Juifs sont criminels et que beaucoup de Juifs ont été tués en tant que bons patriotes pendant la guerre ? Grâce à leur effort pour sauver la vie statistique du peuple juif, nous savons que les Juifs détenaient le taux de suicide le plus bas de toutes les nations civilisées. Je suis sûre que ces données ne sont plus du tout exactes, mais je ne puis le prouver à l’aide de nouvelles statistiques, tout en étant en mesure d’alléguer de nouvelles expériences. Cela devrait suffire à ces âmes sceptiques qui n’ont jamais été entièrement convaincues de ce que la mesure d’un crâne fournit l’idée exacte de son contenu, ou de ce que les statistiques criminelles attestent du niveau exact de la morale nationale. Quoi qu’il en soit, où que vivent à l’heure actuelle les Juifs européens, leur conduite n’est plus conforme aux lois statistiques. Les suicides ne se produisent plus seulement parmi les populations affolées de Berlin et de Vienne, de Bucarest et de Paris, mais également à New York et Los Angeles, Buenos Aires et Montevideo.
D’un autre côté, on n’a presque rien dit des suicides dans les ghettos et les camps de concentration eux-mêmes. Il est vrai que nous n’avons presque pas eu d’écho en provenance de Pologne, mais nous sommes en revanche tout à fait bien informés sur les camps de concentration en Allemagne et en France.
Au camp de Gurs par exemple, où j’ai eu l’occasion de séjourner quelque temps, je n’ai entendu parler de suicide qu’une seule fois, et il s’agissait là d’inciter à l’action collective, et apparemment d’une sorte de protestation destinée à dérouter les Français. Lorsque certains d’entre nous remarquèrent que, de toute façon, nous avions été expédiés là pour crever , l’humeur générale se mua soudain en un ardent courage de vivre. La plupart estimaient qu’il fallait être anormalement asocial et non concerné par les événements de l’histoire pour être encore capable d’interpréter ce destin comme une malchance individuelle et personnelle et pour mettre de ce fait un point final à sa vie de façon personnelle et individuelle.
Mais, les mêmes individus, dès qu’ils retournaient à leurs vies personnelles et se trouvaient confrontés à des problèmes apparemment individuels, faisaient à nouveau preuve de cet optimisme forcené voisin du désespoir.
Nous sommes les premiers Juifs non religieux persécutés – et nous sommes les premiers à y répondre par le suicide non seulement in extremis. Peut-être les philosophes ont-ils raison d’enseigner que le suicide est l’ultime et suprême garantie de la liberté humaine : si nous ne sommes pas libres de créer nos vies ou le monde dans lequel nous vivons, nous sommes néanmoins libres de rejeter la vie et de quitter le monde. Les Juifs pieux ne peuvent assurément pas prendre conscience de cette liberté négative : pour eux le suicide est un meurtre, c’est-à-dire la destruction de ce que l’homme n’est jamais capable de faire, une interférence avec les droits du Créateur. Adonai nathan veadonai lakach (« Dieu a donné et Dieu a repris »), et ils ajouteraient : baruch shem adonai (« Béni soit le nom de Dieu »). Pour eux, se suicider, tout comme tuer, c’est blasphémer la création tout entière. L’homme qui se suicide affirme que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue et que le monde n’est pas digne de l’abriter.
Pourtant nos suicides ne sont pas le fait de rebelles fous qui lancent un défi à la vie et au monde et qui tentent de détruire en eux l’univers tout entier. Ils disparaissent tranquillement et modestement. Ils semblent même s’excuser de la solution violente qu’ils ont trouvée à leurs problèmes personnels. À les entendre, d’une manière générale, les événements politiques n’avaient rien à voir avec leur destin individuel : quelque favorables ou défavorables qu’aient été les circonstances, ils ne croyaient qu’en leur propre personnalité. Maintenant, ils se découvrent quelques mystérieux défauts qui les empêchent de continuer. Persuadés dès leur plus tendre enfance d’avoir droit à un certain statut social, le fait de ne plus pouvoir le maintenir leur apparaît comme un échec. Leur optimisme constitue une vaine tentative pour rester à flot. Derrière cette façade de gaieté, ils luttent constamment de façon désespérée avec eux-mêmes. En définitive, ils meurent d’une sorte d’égoïsme.
Si l’on nous sauve, nous nous sentons humiliés, et si l’on nous aide, nous nous sentons rabaissés. Nous luttons comme des fous pour nos existences privées, nos destins individuels, car nous redoutons de faire partie de ce lot misérable deschnorrers dont certains d’entre nous, jadis philanthropes, ne se souviennent que trop. De même qu’autrefois nous n’avons pas compris que le prétendu schnorrer était un symbole du destin juif et non un schlemihl, de même aujourd’hui nous n’estimons pas avoir droit à la solidarité juive ; nous n’arrivons pas à prendre conscience du fait que ce n’est pas tant nous-mêmes qui sommes concernés, que le peuple juif tout entier. Ce manque de compréhension a parfois fortement été renforcé par nos protecteurs. Je me souviens d’un directeur parisien fort charitable qui, chaque fois qu’il recevait la carte d’un intellectuel juif allemand avec l’inévitable mention « Dr … », s’exclamait d’une voix forte : « Herr Doktor, Herr Doktor, Herr Schnorrer, Herr Schnorrer ! » La conclusion de ces expériences désagréables est fort simple : être docteur en philosophie ne nous satisfait plus guère et nous avons appris que, pour construire une nouvelle vie, il fallait tout d’abord enjoliver l’ancienne. On a inventé un joli conte pour décrire notre comportement : un basset émigré  et isolé dans son malheur proclame d’emblée : « Autrefois, lorsque j’étais un saint-bernard … »
Nos nouveaux amis plutôt submergés par tant d’étoiles et d’hommes célèbres ont du mal à comprendre qu’à la base de toutes nos descriptions de nos splendeurs passées gît une vérité humaine : autrefois nous étions des personnes dont on se souciait, nous avions des amis qui nous aimaient et nous étions même réputés auprès de nos propriétaires pour payer régulièrement nos loyers. Autrefois nous pouvions faire nos courses et prendre le métro sans nous entendre dire que nous étions indésirables. Nous sommes devenus quelque peu hystériques depuis que des journalistes ont commencé à nous repérer et à nous enjoindre publiquement de ne pas nous montrer désagréables en achetant du pain ou du lait. Nous nous demandons comment cela est possible : nous nous montrons si prudents à chaque moment de notre vie quotidienne, évitant que l’on ne devine qui nous sommes, quel type de passeport nous possédons, où ont été remplis nos certificats de naissance – et que Hitler ne nous aimait pas. Nous essayons de nous adapter le mieux possible à un monde où il faut faire preuve de conscience politique lorsqu’on fait ses courses. Dans de telles circonstances, le saint-bernard ne peut que continuer à grandir. Je ne pourrai jamais oublier ce jeune homme qui, lorsqu’il dut accepter un certain emploi, soupira : « Vous ne savez pas à qui vous parlez ; j’étais chef de rayon chez Karstadt [un grand magasin de Berlin]. » Mais il y a aussi le désespoir profond de cet homme d’un certain âge qui, passant par les innombrables relais des différents comités pour être secouru, finit par s’exclamer : « Et personne ici ne sait qui je suis ! » Comme personne ne voulait le traiter en être humain digne de ce nom, il commença par envoyer des télégrammes à des personnalités et à ses relations haut placées : il apprit rapidement que, dans ce monde fou, un « grand homme » est accepté plus facilement qu’un simple être humain.
Moins nous sommes libres de décider qui nous sommes ou de vivre comme nous l’entendons, et plus nous essayons d’ériger une façade, de masquer les faits et de jouer des rôles. Nous avions été chassés d’Allemagne parce que nous étions juifs. Mais à peine avions-nous franchi la frontière que nous étions des « boches ». On nous dit même qu’il fallait accepter cette épithète si nous étions vraiment contre les théories raciales de Hitler. Pendant sept ans, nous essayâmes ridiculement de jouer le rôle de Français – ou tout au moins de futurs citoyens ; mais au début de la guerre on nous interna en qualité de « boches » comme si de rien n’était.
Cependant, entre-temps, la plupart d’entre nous étaient devenus des Français si loyaux que nous ne pouvions même pas critiquer un ordre du gouvernement français ; aussi déclarions-nous qu’il n’y avait rien de mal à être internés. Nous étions les premiers « prisonniers volontaires » que l’histoire ait jamais vus, après que les Allemands eurent envahi le pays, le gouvernement français n’eut plus qu’à changer le nom de la fabrique : emprisonnés parce qu’Allemands, on ne nous libéra pas parce que nous étions juifs.
La même histoire se répète d’un bout à l’autre du monde. En Europe, les nazis confisquèrent tous nos biens, mais au Brésil nous devions payer trente pour cent de notre fortune, au même titre que le plus loyal membre du Bund der Auslandsdeutschen. À Paris, nous ne pouvions pas sortir après huit heures du soir parce que nous étions juifs, mais à Los Angeles nous subissions des restrictions parce que nous étions « ressortissants d’un pays ennemi ».
Malheureusement, les choses ne se présentent pas sous un meilleur jour lorsque nous rencontrons des Juifs. Les Juifs de France étaient persuadés que tous les Juifs arrivant d’outre-Rhin étaient des Polaks – ce que les Juifs allemands appelaient pour leur part des Ostjuden. Mais les Juifs qui venaient vraiment d’Europe orientale n’étaient pas d’accord avec leurs frères français et nous appelaient les Jaeckes. Les fils de ceux qui haïssaient les Jaeckes – la seconde génération née en France et parfaitement assimilée – partageaient l’opinion des Juifs français de la grande bourgeoisie. Ainsi, au sein de la même famille, vous pouviez être qualifiés de Jaeckes par le père et de Polak par le fils.
Depuis la déclaration de la guerre et la catastrophe survenue parmi les Juifs d’Europe, le simple fait d’être réfugiés nous a empêchés de nous mêler à la société juive du pays en question, à quelques exceptions près qui ne font que confirmer la règle. Ces lois sociales tacites, bien qu’elles ne soient jamais reconnues ouvertement, ont la grande force de l’opinion publique. Or, une telle opinion et une telle pratique silencieuses importent plus pour notre vie quotidienne que les proclamations officielles d’hospitalité et de bonne volonté.
L’homme est un animal social et la vie lui devient pénible lorsque les liens sociaux se trouvent rompus. Les critères moraux se conservent beaucoup plus aisément dans la trame de la société. Très peu d’individus ont la force de conserver leur propre intégrité si leur statut social, politique et juridique est simplement remis en question. N’ayant pas le courage nécessaire pour lutter et modifier notre statut social et juridique, nous avons décidé, pour la plupart d’entre nous, d’essayer de changer d’identité, et ce comportement étrange ne fait qu’empirer les choses. Nous sommes en partie responsables de l’état de confusion dans lequel nous vivons.
Un jour quelqu’un écrira l’histoire vraie de l’émigration des Juifs allemands et il faudra commencer par décrire ce M. Cohn de Berlin qui a toujours été allemand à cent cinquante pour cent, un super-patriote allemand. En 1933, ce même M. Cohn se réfugia à Prague et devint très rapidement un patriote tchèque très convaincu – aussi vrai et aussi loyal qu’il avait été un vrai et loyal patriote allemand. Le temps passa et vers 1937 le gouvernement tchécoslovaque, sous la pression des nazis, commença à expulser les réfugiés juifs sans tenir compte du fait qu’ils se sentaient de futurs citoyens tchèques. Cohn partit alors pour Vienne : pour s’y intégrer, un patriotisme autrichien sans ambiguïté était requis. L’invasion allemande contraignit M. Cohn à fuir ce pays. Il débarqua à Paris à une mauvaise période, si bien qu’il n’obtint jamais un permis de séjour en règle. Étant passé maître dans l’art de prendre ses désirs pour la réalité, il refusait de prendre au sérieux les mesures purement administratives, convaincu qu’il était de passer les prochaines années de sa vie en France. C’est la raison pour laquelle il préparait son assimilation en France en s’identifiant à « notre » ancêtre Vercingétorix. Mais mieux vaut ne pas m’étendre davantage sur les prochaines aventures de M. Cohn. Aussi longtemps que M. Cohn ne pourra pas se résoudre à être ce qu’il est en fait, un Juif, personne ne peut prédire tous les changements déments qu’il aura encore à subir.
Un homme qui désire se perdre lui-même découvre en fait les possibilités de l’existence humaine, qui sont infinies, de même que l’est la Création. Mais le fait de retrouver une nouvelle personnalité est aussi difficile et aussi désespéré que recréer le monde. Quoi que nous fassions, quoi que nous feignions d’être, nous ne révélons rien d’autre que notre désir absurde d’être autres, de ne pas être juifs. Toutes nos actions sont dirigées vers l’obtention de ce but : nous ne voulons pas être des réfugiés parce que nous ne voulons pas être juifs ; et si nous prétendons être de langue anglaise, c’est parce que les immigrants de langue allemande de ces dernières années sont marqués du signe « Juifs ». Nous ne nous considérons pas comme apatrides car la majorité des sans-patrie sont juifs ; nous ne désirons devenir de loyaux Hottentots que pour dissimuler le fait que nous sommes juifs. Nous n’y parvenons pas et il est impossible d’y parvenir ; sous notre façade d’« optimisme », vous pouvez aisément déceler la tristesse désespérée des assimilationnistes.
Avec nous autres immigrants allemands, le mot d’assimilation a reçu une signification philosophique « profonde ». Vous ne pouvez pas imaginer comme nous prenions cela au sérieux. L’assimilation ne signifiait pas l’adaptation nécessaire au pays où le hasard nous avait fait naître et au peuple dont il se trouvait que nous parlions la langue : nous nous adaptons en principe à tout et à tout le monde. Cette attitude ne m’est apparue dans toute sa clarté que grâce à la formule de l’un de mes compatriotes qui, apparemment, savait exprimer ses émotions. Venant tout juste d’arriver en France, il créa l’une de ces sociétés d’adaptation dans lesquelles les Juifs allemands affirmaient à qui voulait bien les entendre qu’ils étaient d’ores et déjà français. Dans son premier discours il dit : « Nous avons été de bons Allemands en Allemagne et nous serons de bons Français en France. » Il fut applaudi avec enthousiasme et personne ne rit ; nous étions heureux d’avoir appris comment manifester notre loyauté.
Si le patriotisme était affaire de routine ou de pratique, nous serions le peuple le plus patriotique du monde. Revenons à notre M. Cohn : il a certainement battu tous les records. Il est cet immigrant idéal qui voit rapidement et aime les montagnes du pays dans lequel un destin terrible l’a conduit. Mais puisque le patriotisme n’est pas encore perçu comme une affaire de pratique, il est difficile de convaincre les gens de la sincérité de nos transformations réitérées. Cette lutte rend notre propre société si intolérante : nous exigeons d’être pleinement reconnus individuellement, indépendamment de notre propre groupe, parce que nous ne sommes pas en position de force pour l’obtenir des autochtones. Ceux-ci, confrontés aux étranges créatures que nous sommes, deviennent suspicieux ; de leur point de vue, en règle générale, seule la loyauté à l’égard de notre ancien pays est compréhensible. Ce qui nous rend la vie très amère. Nous pourrions surmonter cette suspicion si nous leur expliquions qu’étant juifs, notre patriotisme dans notre pays d’origine avait un aspect plutôt particulier bien qu’il fût sincère et profondément enraciné. Nous avons écrit de gros volumes pour le prouver et payé toute une bureaucratie pour explorer son ancienneté et l’expliquer statistiquement. Nous avons demandé à des érudits d’écrire des dissertations philosophiques sur l’harmonie préétablie entre Juifs et Français, Juifs et Allemands, Juifs et Hongrois, Juifs et … Notre loyauté d’aujourd’hui si souvent suspectée a une longue histoire. Elle est l’histoire de cent cinquante ans de judaïsme assimilé qui a réussi un exploit sans précédent : bien que prouvant en permanence leur non-judéité, ils ont néanmoins réussi à rester juifs.
Cette confusion désespérée de ces voyageurs semblables à Ulysse, mais qui contrairement à lui ne savent pas qui ils sont, s’explique aisément par leur manie de refuser de conserver leur identité. Cette manie est bien antérieure aux dix dernières années qui ont révélé l’absurdité profonde de notre existence. Nous sommes comme ces gens qui ont une idée fixe et qui ne peuvent s’empêcher d’essayer de dissimuler continuellement une tare imaginaire.
C’est pourquoi nous nous enthousiasmons pour toute nouvelle possibilité qui, du fait qu’elle est nouvelle, nous paraît miraculeuse. Nous sommes fascinés par toute nouvelle nationalité, de même qu’une femme un peu forte est ravie par une nouvelle robe qui promet de lui donner l’apparence souhaitée. Mais elle n’aime cette nouvelle robe qu’aussi longtemps qu’elle croit en ses qualités miraculeuses et elle la mettra au rebut dès qu’elle découvrira qu’elle ne modifie pas sa stature ou, en l’occurrence, son statut.
On peut être surpris de ce que l’apparente inutilité de tous nos bizarres déguisements n’ait pas réussi à nous décourager. S’il est vrai que les hommes tirent rarement la leçon de l’histoire, il est également vrai que leurs expériences personnelles qui, dans notre cas, se répètent sans cesse, peuvent être riches d’enseignement. Mais, avant de nous jeter la première pierre, souvenez-vous qu’être juif ne confère aucun statut légal en ce monde. Si nous commencions par dire la vérité, à savoir, que nous ne sommes que des Juifs, cela reviendrait à nous exposer au destin d’êtres humains qui, parce qu’ils ne sont protégés par aucune loi spécifique ni convention politique, ne sont que des êtres humains. Je m’imagine mal une attitude plus dangereuse puisque nous vivons actuellement dans un monde où les êtres humains en tant que tels ont cessé d’exister depuis longtemps déjà ; puisque la société a découvert que la discrimination était la grande arme sociale au moyen de laquelle on peut tuer les hommes sans effusion de sang, puisque les passeports ou les certificats de naissance et même parfois les déclarations d’impôts ne sont plus des documents officiels, mais des critères de distinctions sociales. Il est vrai que la plus grande partie d’entre nous dépendons entièrement de critères sociaux ; nous perdons confiance en nous si la société ne nous approuve pas ; nous sommes, et avons toujours été prêts à payer n’importe quel prix pour être acceptés de la société. Mais il faut également reconnaître que ceux d’entre nous, peu nombreux, qui ont essayé de s’en sortir sans toutes ces combines et astuces d’adaptation et d’assimilation ont payé un prix beaucoup plus élevé qu’ils ne pouvaient se le permettre : ils ont compromis les quelques chances qu’on accorde même aux hors-la-loi dans un monde bouleversé.
L’attitude de ces quelques individus peu nombreux que l’on pourrait appeler, selon Bernard Lazare, des « parias conscients » s’explique aussi peu par les seuls événements récents que l’attitude de notre M. Cohn qui essayait par tous les moyens de devenir un parvenu. Tous deux sont fils du xixe siècle lequel, ignorant des hors-la-loi juridiques ou politiques, ne connaissait que trop bien les parias sociaux et leur contrepartie, les parvenus sociaux. L’histoire juive moderne ayant commencé avec les Juifs de cour et se poursuivant avec les millionnaires juifs et les philanthropes est encline à oublier cette autre tendance de la tradition juive illustrée par Heine, Rahel Varnhagen, Sholom Aleichem, Bernard Lazare, Franz Kafka ou même Charlie Chaplin. C’est la tradition d’une minorité de Juifs qui n’ont pas voulu devenir des parvenus, qui ont préféré le statut de « paria conscient ». Toutes les qualités juives tant vantées, le « cœur juif », l’humanité, l’humour, l’intelligence désintéressée, sont des qualités de parias. Tous les défauts juifs – manque de tact, imbécillité politique, complexe d’infériorité et avarice – sont caractéristiques des parvenus. Il y a toujours eu des Juifs qui n’estimaient pas utile de troquer leur attitude humaine et leur vue naturellement pénétrante de la réalité contre l’étroitesse de l’esprit de caste ou l’irréalité essentielle des transactions financières.
C’est l’histoire qui a imposé le statut de hors-la-loi à la fois aux parias et aux parvenus. Ces derniers n’ont pas encore accepté la grande sagesse de Balzac : « On ne parvient pas deux fois  », aussi ne comprennent-ils pas les rêves sauvages des parias et se sentent-ils humiliés de partager leur destin. Les quelques réfugiés qui insistent pour dire la vérité, au risque de l’« indécence », obtiennent en échange de leur impopularité un avantage inestimable : l’histoire n’est plus pour eux un livre fermé et la politique n’est plus le privilège des non-Juifs. Ils savent que la mise hors la loi du peuple juif en Europe a été suivie de près par celle de la plupart des nations européennes. Les réfugiés allant de pays en pays représentent l’avant-garde de leurs peuples s’ils conservent leur identité. Pour la première fois, l’histoire juive n’est pas séparée mais liée à celle de toutes les autres nations. Le bon accord des nations européennes s’est effondré lorsque et précisément parce qu’elles ont permis à leur membre le plus faible d’être exclu et persécuté.

Hannah Arendt, La Tradition cachée, traduit de l’allemand par Sylvie Courtine-Denamy, Christian Bourgois, 1987.

 

 

 

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 Librairie L'Invit'à Lire, Paris Poétesse, écrivaine, elle produit des poèmes dès l'âge de 20 ans. Elle est l'auteure notamment d'À bout portant, Les femmes qui montent au ciel, Karina song.

 



 

 

 

 

Soutien Marie-Laure de Decker-Petition en ligne-

Soutien Boris Taslitzky-

Madame, Monsieur, chers amis,
Quelques  personnes m’ont dit qu’elles  avaient eu des difficultés à trouver la pétition sur www.petitions24.net <http://www.petitions24.net>
La pétition a été mise en ligne le 12/08/2015.
Elle s’intitule « Sauvegarder les œuvres de Boris Taslitzky à Levallois-Perret »
Merci de votre soutien.
Évelyne Taslitzky

 

 


 

Juin 2015

SOMMAIRE ET INFORMATIONS: artnews.com/toc/women-in-the-art-world/

OCTOBRE 2015

Chantal Akerman 

 lit Proust

29 janvier 2013 17:30 18:30 SéminaireAmphithéâtre Marguerite de Navarre - Marcelin Berthelot

 

 NOVEMBRE 2015

 

The double Star (l’étoile double) Avril 1864@ Julia Margaret Cameron

Adam et Eve. Vers 1890.@Eveleen Myers

 

                                                                                              @Madame Breton

 

 

 

                                                                                               @Alberto pizzoli

 

Petroliola déclaration de la nouvelle attitude sceptique et engagée par Pier Paolo Pasolini

Appunto 84. Il gioco

Ci sono delle persone che non credono in niente fin dalla nascita. Ciò non toglie che tali persone agiscano, facciano qualcosa della loro vita, si occupino di qualcosa, producano qualcosa. Altre persone invece hanno il vizio di credere : i doveri si concretizzano davanti ai loro occhi in ideali da realizzare.

Se un bel giorno costoro non credono più – magari piano piano, attraverso una serie successiva, logica o magari illogica, di disillusioni – ecco che riscoprono quel ‘nulla’ che per altri è stato sempre, invece, così naturale. [...] io parlo di coloro che un bel giorno, tirando le somme, vengono alla conclusione di aver scoperto il ‘nulla’ sociale. Niente ritiro dal mondo, quindi : anzi, partecipazione più fitta : tanto più fitta quanto più in malafede, necessitata dalla mancanza di alternative, e intesa come parodia. [...]

Lo stato d’animo di chi vive questa esperienza del mondo, capito finalmente come nulla, e con pazienza illuminata riaccettato nella pratica – è l’irrisione. Chi irride una parte del mondo sociale, mettiamo la borghesia conformista che senza capir nulla passa da una fase all’altra, dalla pace alla guerra, dal benessere alla strage, dalle abitudini all’annientamento totale, non può non irridere insieme anche chi sa questo. L’irrisione non può che riguardare tutta l’intera realtà.

E infatti è tutta la intera realtà che – nel momento che è irrisa – è riaccettata. [...] L’idea della speranza nel futuro diventa un’idea irresistibilmente comica. La lucidità che ne consegue spoglia il mondo di fascino. Ma il ritorno ad esso è una forma di nuova nascita : l’occhio luccica di ironia nel guardare le cose, gli uomini, i vecchi imbecilli al potere, i giovani che credono di incominciare chissà che.

Il y a des personnes qui ne croient à rien, dès leur naissance. Cela n’empêche pas ces personnes d’agir, de faire quelque chose de leur vie, de s’occuper de quelque chose, de produire quelque chose. D’autres personnes, en revanche, ont le vice de croire : les devoirs se concrétisent devant leurs yeux en idéaux à réaliser.

Si un beau jour, ces derniers n’y croient plus – si ça se trouve, peu à peu, à travers une série successive, logique ou peut-être illogique même, de désillusions – voilà qu’ils redécouvrent ce ‘néant’ qui, pour d’autres, a toujours été, au contraire, si naturel. [...] je parle de ceux qui, un beau jour, faisant le bilan, en viennent à la conclusion, qu’ils ont découvert le ‘néant’ social. Aucun retrait du monde par conséquent : au contraire, une participation plus active : d’autant plus active qu’elle est faite de plus mauvaise foi, nécessitée par le manque d’alternatives, et comprise comme parodie. [...]

L’état d’esprit de quelqu’un qui vit cette expérience du monde, compris finalement comme néant, et accepté, avec une patience éclairée, dans la pratique – est la dérision.

Quiconque se moque du monde social, disons de la bourgeoisie conformiste qui sans rien comprendre passe d’une phase à l’autre, de la paix à la guerre, du bien-être à la dévastation, des habitudes à l’anéantissement total, ne peut pas s’empêcher de se moquer aussi de ceux qui savent cela. La dérision ne peut que concerner toute la réalité.

En effet c’est la réalité toute entière qui – au moment où elle est tournée en dérision – est acceptée. [...] L’idée d’un espoir dans l’avenir devient une idée irrésistiblement comique. La lucidité qui s’ensuit enlève au monde tout charme. Mais le retour au monde est une forme de renaissance : l’œil a un éclat ironique, quand il se pose sur les choses, les hommes, les vieux imbéciles au pouvoir, les jeunes qui croient qu’ils commencent Dieu sait quoi »

Pétrole, traduction René de Ceccatty, Paris, Gallimard, 1995, p. 419-42.

 

 
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 ADELE CAMBRIA (1931-2015)

Adele CambriaTrasmissione radiofonica della Rai « Voi ed io ». Roma, 14 febbraio 1977 (ANSA/ ARCHIVIO)

La dernière fois que j’ai vu Adèle Cambria, elle venait de rentrer des Etats-Unis. Nous étions chez elle à Rome, réunissant encore Lina Mangiacapre et Elisabeth Grabli. Toute notre admiration-notre amitié (notre pasolinité aussi), et nos sincères condoléances à Luciano Valli. Et puis ces deux textes d’Adèle sur Lina que je reproduis in extenso. Publié le 6 Novembre 2015

Per Nemesi

Portavano corone di gelsomino intrecciate sui lunghi capelli, biondi, fulvi, bruni e clamidi di velo trasparente e fiorito sui corpi aggraziati e giovani. Nonostante il nome mitico minaccioso che si erano date, “Le Nemesiache”, nulla era più innocente della loro provocazione: rievocare, a partire dall’immagine, il tiaso dell’antica Grecia, dove sublimi maestre, come Saffo, insegnavano alle giovinette musica, poesia,amore, prima di quel matrimonio che le avrebbe relegate nei ginecei. L’animatrice, l’ispiratrice, la filosofa, di quel collettivo femminista napoletano, nato in anticipo, nello scorcio finale degli Anni Sessanta, e che aveva eletto la bellezza come canone assoluto dell’esistenza, era lei: Lina (Il suo cognome era buffo, Mangiacapre, ma Lina lo portava con disinvolta eleganza). Ora che lei non c’è più, sono le sue immagini, le immagini, le visioni, che soltanto lei era capace di suscitare- e non sarebbe inesatto osservare che Lina-Nemesi ha firmato giorno per giorno la sua vita, e non soltanto la sua, come “opera d’artista”- sono quelle immagini di bellezza, di poesia, (di incubo o tragedia a volte), ad affollarsi per prime alla mente. In un tempo che ha “abiurato” la Bellezza, Lina ostinatamente la perseguiva: nel quotidiano e, fino alla radice del quotidiano, con una coerenza ineluttabile: lei produceva il Pensiero della Bellezza, e contemporaneamente, e disperatamente, disperatamente sola, (alla fine precoce e inaccettabile dei suoi giorni), lo praticava. Perciò, io credo, Lina allarmava, diffondeva allarme anche tra le donne “emancipate”, o, meglio ancora, femministe. Sottolineo l’avverbio”meglio”: è quello che voglio usare qui, non il suo contrario, “peggio”: che pure sarebbe tanto facile gettare in mezzo a questo discorso, inabissandolo nella volgarità. Perché ovviamente il femminismo non sarà mai, non per me, almeno, fino a quando vivrò, una cosa che può essere definita con l’avverbio “peggio”. E non lo sarà anche perché ho conosciuto, ho frequentato, ho amato, ho temuto, ho fuggito, (anche, talvolta), proprio lei, Lina. E Lina “ci” allarmava. Voglio precisare: allarmava noi (e forse assai più di quanto non spaventasse gli uomini, in realtà sempre morbosamente attratti dal sua sensualità proibita). Lina allarmava le donne, anche noi femministe, con quella sua immagine seduttiva e ironicamente “doppia”- maschio, femmina, androgino – a partire dai suoi abiti tutti inventati, e che, per decenni, hanno precorso la Moda: le tuniche, i pepli trasparenti, nella sua stagione “prima”, e poi il dark, il punk, i metallari, cioè il nero cupo, definitivo, siglato dal minaccioso acciaio di inquietanti fibbie, alamari, cinture, stivali. Il popolo della notte, le creature vaganti in folla dentro quegli enormi garages attossicati da fumi, da vapori chimici verdastri violetti, e rimbombanti di suoni insostenibili, quei luoghi che chiamano discoteche (e scusate la mia ripugnanza, senza dubbio generazionale), Lina li aveva partoriti dalla sua mente profetica assai prima che le mode ce li imponessero, precipitando sopra di noi dagli States o da Liverpool, Londra etc. Tra l’altro, l’avversione, l’ostilità sua “naturale”- ed era lei stessa a definirla “naturale” – per la lingua inglese, basterebbe ad escludere ogni sospetto di una impossibile impensabile “copiatura”. Quante volte, del resto, mi faceva “cadere le braccia”, replicando, ai miei suggerimenti di formichina saggia – tipo “Non sarebbe meglio che andassi qualche tempo sui set cinematografici, come aiuto, per imparare la tecnica, prima di girare un film tutto tuo?” – con una frase definitiva, pur nella sua “divina” dolcezza (la pronuncia, il tono, il sorriso, quella voce rauca e sussurrata, tutto era dolce e tragico, in lei.): ”Vedi Adele -mi diceva- io non posso imparare nulla, tutto quello che so, tutto quello che so fare, lo sapevo già nascendo”, “Ma ti sei pur laureata in Lettere e Filosofia col massimo dei voti e la lode!”, le opponevo (le prime volte), esasperata nella mia logica pignola e, chissà, “impiegatizia”. La verità era che la normalità, la medietà, era improponibile ad una creatura come Lina. Così com’era insostenibile un rapporto medio, normale, costante, con un essere “dell’altro mondo” com’era lei: i primi anni in cui la frequentavo – lei e le altre, le “divine fanciulle” del suo tiaso (Niobe, Elena, Dafne.) – dopo otto giorni di avido apprendimento e “pascolo celeste” in quell’universo di piaceri – ondeggiare di veli su corpi efebici, musiche e danze soavi, nutrimenti perfino divini (i cannoli di ricotta, le cassate napoletane), e la vista sul mare di Posillipo, dalla sua casa-altana – fuggivo per ritrovarmi davanti a un serial televisivo. Non so se ho reso l’idea (rozzamente, volgarmente, certo.). Il fatto è che la banalità fa parte dell’umano (credo.), ma Lina, per miracolo o tragedia, non poteva, non sapeva essere banale. Le mancava il gene della banalità. Ma non basta, me ne rendo conto, pur se mi dà una grande consolazione, “citare” le immagini di cui il suo passaggio su questa terra ci ha colmato (e lasciatemi usare, per lei, le parole giuste di una religiosità che non ha nomi o gerarchie). Per me, personalmente, i regali cominciarono dalla sua psicofavola, la prima, “Cenerella”, che vidi a Napoli nel remoto 1971: e poi si incastonò, dentro la riscoperta del Mito al femminile (che Lina ha donato, mai riconosciuta, a tutto il Movimento), come un anello d’oro che ci ha legato entrambe in una sorta di “nozze intellettuali” (mille volte fui tentata di rinnegarle e qualche volta, forse, le ho rinnegate.), la sequenza del Topo, della Serpe, e della vecchia Palma quasi centenaria. Accadde in una ardente estate calabrese, nel giardino d’agrumi di mia madre, (vigile e calma presenza femminile sapiente, quella di mia madre: che Lina adorava, divertiva e mi aiutava a capire. E rabbrividisco pensando che se ne andata appena pochi mesi dopo di lei). Noi due scrivevamo, all’ombra della palma che mio nonno aveva piantato per celebrare la nascita della figlia, la sceneggiatura del film ispirato al mio romanzo, “Dopo Didone”. Il film , cui Lina volle dare il titolo di “Didone non è morta” (un titolo che in questo momento non può non sembrarci augurale.), ripropone la storia di Didone ed Enea, raccontata in versi amorosi sublimi da Virgilio, come il conflitto lacerante di una donna “di potere” (per dirla con l’orrenda e spero già scaduta terminologia degli Anni Ottanta), divisa tra la passione per un uomo e la libertà e la responsabilità femminile verso gli altri, intesi come comunità anche politica. Didone si uccide, perché non potrebbe mai seguire Enea come una moglie, lei regina e condottiera del suo popolo (“E adesso che cosa farò? Seguirò la flotta dei Troiani, starò ai loro comandi?”): e, d’altra parte, Enea, il “pio Enea”, ha tentato di salpare furtivamente come un ladro, dal porto di Cartagine, verso il suo nuovo “destino di gloria” (la fondazione di Roma), e alla giusta furia della regina -“Lo presi morto di fame, gettato sul mio lido dalla tempesta, lo misi a parte del mio regno, pazza!”- risponde (prototipo del maschio in fuga, nei secoli dei secoli.): ”Io mai ti tenni discorsi di nozze, o pensai di sposarti”. Ecco, mentre scriviamo questa scena, un gran frastuono animale agita l’immoto paesaggio affogato nella calura (le tre del pomeriggio): e balza dal fogliame (al tronco della vecchia palma si aggrappava un folto cespuglio di gelsomino) un grande topo di campagna, inseguito dal sibilo di una serpe, che si snoda nell’aria disegnando per un istante, nero-verde e lucente nel chiarore meridiano, il segno del suo corpo, una lucida S, e poi sparisce all’inseguimento della preda. Paura, risate, mia madre che smorza l’eccitazione con la sua antica conoscenza dei luoghi, e degli “abitatori” dell’agrumeto: ”Non è una serpe, è una biscia”, sorride ironica. Ma per Lina, e alla fine anche per me, resterà sempre quella visione (che molto, ci penso ora, sarebbe piaciuta allo psicoanalista junghiano James Hillman), una “figura” simbolica della Regina furente ed offesa, che insegue il vile topo di campagna atterrito, il “pio Enea” Dicevo: non bastano le immagini, le illuminazioni, i ricordi, pure vivissimi come i miei, a dire l’essenza di Lina. Servono i suoi scritti, e, tra i suoi scritti, due, fondamentali, il “Faust-Fausta”, e la “Pentesilea”. (Su questa sua seconda opera, ho ritrovato una mia lettera abbastanza chiaroveggente, purtroppo, scritta per la presentazione del libro a Napoli, nel 1998, e che Manifesta pubblica a parte). “Faust-Fausta”: dal “romanzo filosofico”(come recita il sottotitolo del libro), Lina trasse in seguito un film, proiettato – come del resto era stato anche per “Didone non è morta” – alla Sorbona di Parigi: il suo “Faust” cinematografico fu poi invitato a Villa Medici, a Roma, nell’ambito del festival dedicato all’opera maggiore, “opera titanica” è stata definita, di Wolfang Goethe. Ma è il libro di Lina che qui mi interessa. Pubblicato da una casa editrice fiorentina nel 1990, soltanto ora, forse, ad una rilettura tragicamente “in assenza di Lei”, mi sembra di poterne penetrare il senso: è in queste pagine, quasi urlerei (in un inutile urlo tardivo), che l’Autrice ci consegna la chiave della sua esistenza. Ed a me, che rimpiangevo (per il mio imperdonabile “vizio” estetizzante), la sua prima stagione di pepli, veli, danze e corone e collane di gelsomini, Lina-Nemesi-Faust-Fausta fornisce la spiegazione di quel suo passaggio al nero, al cupo, al funebre, al “lutto di Elettra”. Così: ”Faust inizia il suo cammino maledetto; perde la melodia della voce; i suoi capelli teneri e ricchi d’oro diventano opachi; davanti agli occhi una sola strada. Il cupo e il nero tingono, unico colore,interno ed esterno” Perché la protagonista del romanzo, Fausta, ha chiesto “a Satana, in cambio della sua anima, di diventare uomo, di vivere il suo maschile, senza più i limiti di questa androginia che le impedisce una vera identità e poi la libertà”. E quando fa questa scelta, quando chiede di poter diventare Faust, Fausta ha già sperimentato la delusione dell’intelligenza oppure l’effimero della passione femminile (“Come uomo non ama di più gli uomini né desidera ormai le donne che disprezza”). Ma il dissidio originario della protagonista – un dissidio corpo-anima, cielo-terra, che la segna dalla nascita – consiste nel suo rifiuto di accettare, di riconoscere l’appartenenza ad una specie biologica, quella umana (che è anche, fatalmente, inguaribilmente “animale”): e di cui ha ribrezzo. “Vestivo di bianco con i capelli biondi e diafani, suonavo il violino confondendomi con gli angeli. Gli angeli non hanno sesso e certamente, poi, non hanno un corpo di donna. Ma il destino, mia madre, mi aveva dato un corpo, due gambe e dovevo camminare sulla sporca terra e mangiare.” Il rifiuto del corpo (ma lei diceva, scriveva, anche, soprattutto della mente, di quella mente che per esistere ha bisogno del corpo.) “Fausta ricordava tutte le sue rivolte: non voleva mangiare, non voleva essere mortale, fare i bisogni, non voleva camminare” E ancora: ”Dovevo fare presto, prima di diventare donna; dovevo andarmene con il mio corpo leggero, prima del rosso, del segno del sangue.” E c’era, fatale, nella pietra di fondazione del suo essere, oscura e luminosa come un diamante nero, il rifiuto analogamente estremo di una identità sessuale definita, etichettata: ”Non sono eterosessuale, non accetto lo schema di lasciarmi penetrare, essere madre di un uomo. Desiderare di fare entrare in me un altro corpo. Non desidero che qualcuno entri nel mio corpo, io sono compiuta, io desidero uscire, volare, raggiungere il cosmo.” E ancora: ”Non sono omosessuale perché io amo dell’altra ciò che non esprime, e che è al fondo delle infinite mie immagini, il femminile come desiderio, la bellezza, la tenerezza, un amore impossibile finché la nostra lotta non avrà ripreso il volto del femminile al di là della violenza e della durezza.” La soluzione avrebbe potuto essere, per Fausta-Faust-Nemesi-Lina, l’androginia psichica (spirituale, sacrale, fisica), come arricchimento e raddoppio della vitalità, delle possibilità, delle energie? Un’androginia positiva, accettata anche socialmente, culturalmente, come valore. E’ quello che sta tentando Pedro Almodovar. Ma, lui, è stato iscritto all’anagrafe con un nome maschile. Ed ha certamente quel gene della banalità, che a Lina mancava. Perdonaci, Lina.
Adele Cambria  (Tratto da Manifesta n°1 luglio 2002)

 

 

Presentazione di « Pentesilea » di Lina Mangiacapre 21 Mars 1998, Napoli

Mi hai aggredita con la tua storia, così crudelmente intrisa del mito, delle passioni, della amore e della morte della Regina delle Amazzoni, Pentesilea. Intrisa, ma non mascherata. Parlando di lei, scrivendo di lei, hai infatti parlato e scritto di te e di noi, che ti siamo tutte, in un modo o nell’altro, “mancate”. Noi del “femminismo storico”, noi affascinate da te nel remoto 1971(era quello l’anno in cui ti ho visto a Napoli inventare-rappresentare la psicofavola di “Cinderella”?), noi che, in un modo o nell’altro, rischiavamo tutte di essere prese nel tuo sortilegio, e non parlo soltanto delle ragazze del tuo “tiaso” saffico, che tu abbellivi di nomi mitici, Dafne, Niobe, Elena e di chiome ondeggianti e pepli e collane di gelsomini profumatissimi, e soprattutto di “anima” (a molte di loro però, riconoscilo, Lina, non essere impietosa prima di tutto con te stessa, a molte l’anima che tu hai evocato da profondità fino a quel momento forse incoscienti, è rimasta, come dire, felicemente avvinta). No, non parlo di loro soltanto, parlo di me: giornalista in qualche misura già “nota”, all’epoca, donna ferita dall’emancipazione degli anni sessanta, irresistibilmente attratta dalla sfida che tu rappresentavi, e disposta a difenderla, facciamo una bella frase, “davanti al mondo intero” (quante volte mi sono sentita dire, nel movimento ma anche nella società letteraria romana, “ma come, ma perché, ma Lina, ma perché si veste in quel modo, ma tu sei una persona seria.”), eppure: anch’io volevo sottrarmi, scampare al sortilegio, soffrivo – te l’ho confessato più volte – di quella abissale “assenza di mediocrità” nella vita quotidiana che è il tuo marchio. Non sei sostenibile, Lina. Confessato questo sentimento di impotenza (insufficienza), lascio che Pentesilea-Lina-Nemesi irrompa attraverso le onde del tuo libro, consacrato alla Regina delle Amazzoni (ed a te, ed alla nostra storia di donne degli ultimi trent’anni circa), fino alle soglie della mia percezione letteraria: credo che questo, Lina, sia il tuo testo più compiuto, la tua scrittura più “legittima”, e che ti legittima, a mio avviso (ma non sono un critico) sulla scena letteraria e non soltanto italiana. Fin dal bellissimo incipit – “La pianura è disseminata di cadaveri di donne, pezzi di corazze brandelli di carne.” – che subito plana, dopo poche righe che mi ricordano il Flaubert di “Salambò” (l’abbiamo scoperto e amato insieme tanto tempo fa), verso il primo piano di te,Pentesilea-Lina-Nemesi, più che affacciata, proiettata verso il mare di Posillipo da quel sublime balcone che abiti (quando il tuo dolorante nomadismo te lo consente. Da quando è morto tuo padre, tu non viaggi più come facevi, trasognata e, devo dirlo, felice, in quella lunga interminabile stagione dell’adolescenza che la sua intelligente devozione ti assicurava, tu, da quella morte, erri). E subentra la tenera memoria infantile di quando volevi giocare con lui nel gran letto, ma lui ,troppo rispettoso dei ruoli, ti cedeva ad altri (immagino un medico), perché impietosamente manipolasse il tuo corpicino per guarirti di una malattia che, fin dai tuoi primi anni di vita, aveva un solo nome: intolleranza della “normalità” che per l’appunto uccideUccide le persone come te, voglio dire, ma la tua fortuna (per noi) e, forse, la tua condanna (per te), è che la tua rabbia non si spegne, così come la tua volontà di bellezza arde e divampa e continua, continuerà ad abbagliarci fin quando avremo occhi (purtroppo mortali). Per queste ed altre cose ancora – potrei commentare la tua “Pentesilea” riga per riga, stupende le parole di amore e poi di rabbia per Elena – noi ti diciamo grazie. Sì, anche noi che ti siamo “mancate”.                 Adele Cambria 14 luglio 1998

 

 

BYE FEMINA!  1998_2015

 Publié le 7 décembre 2015

 

//Aux frontières, des hommes ont cousu leurs lèvres 

 

Par Catherine Jourdan Mise à jour le 11 Mars 2016

 

 

 

Et la vie continue,     feu nu mon fou ?

 

Et la vie continue, pénètre tout.  Evocations pures.

 

La salle de ce restaurant est pleine d’une vie ardente des fragments de verre. L’heure d’hiver qui parfois accable la pesanteur. La vie continue, et bourdonne au bout de la ville. Le cri d’une mouette de nuit vieille parmi les pigeons.

 

La vie continue, les onyxs et les substances bleues. La vie continue à une amie qui vous oublie si fort. Et l’était. Qu’en pensent tes yeux ? On les voit jouir du soir, on les voit jouir du jour.  Et la vie continue, saoule d’univers qui rit comme une enfant. Et la vie continue, manger dans la lenteur ou dort… Et tous les sons. Il perd son sang… Chaud encore et la mer s’élance.

 

 

 

Et la vie continue restaurée dans la régularité, présente dans une lumière de Paradis et les sifflets des trains. La pierre d’aimant danse et qui est immobile et le mouvement de ses plumes. Et la vie continue, la douleur rentrée et les stances de la flute à la terrasse d’un café. Meurt la peur.

 

 

 

Et la vie continue celle qui tourne, orpheline à peine sevrée. Peut-être l’oiseau couve, sa température s’élève. J’écoute le printemps prochain.

 

La vie continue, efface les lieux des couronnes sous les mares de sang augurales. Et la vie continue dans la paix des tombes dotées des passions humaines et l’inquiète source. Et la vie continue, je continue de t ‘élire. L’autre jour, tu resplendissais. Et la vie continue, un cœur mort a retrouvé ses battements. Et la vie continue, les monuments aux morts, les fenêtres ré-pavoisés et la militarisation de la vie et les incertaines transparences.

 

La vie continue, les dessins et les poèmes, les loupiotes et les bougies consumées, les fleurs mûries dans une serre, des bouquets dans de la cellophane, les photos de victimes… Un fonds documentaire et il fait jour.

 

Matérialiser l’inconcevable et les gages de larmes.                         Reprenons. Je n’ai pas compris tout de suite ce qui se passait. La chinoiserie musicale de jacques Offenbach. Ba-ta-clan ! Je réalise ce qui se passe. A peine l’ai-je deviné… J’étais aimable, élégante -Te souviens-tu… Couverte de poussières, je commence à voir des gens morts. La mezzanine élastique et les atttaches du trapèze et la réplique de tirs venue du balcon. D’autres sont serrés en boule. Leurs proies. La longue bâche blanche et nos muettes stupeurs.

 

Et la vie continue, les running de Ban Ki-Moon, et les talons aiguilles de Vivienne Westwood et les anneaux de leur message pour sauver ma progéniture. Qui déjà soupire.

 

Et la vie continue, le peu d’amis qui te rendent visitent dans ta maison.

 

Ta concierge, une voisine goutte à goutte. Et la vie continue. La mélodie de la ferveur, et le champ labouré et la justice climatique et ta page facebook. Qui replacent les bouquets, qui séparent les fleurs fanées des fleurs fraîches au mémorial spontané? Et la vie continue-la traversée de la vie, l’exposition de Christian Boltanski chez Marian Goodman dans une odeur de paille et de roses séchées qui enivre. Et la vie continue. Départ-Arrivée, balisés par deux installations de néons les grands rideaux contemplatifs sur lesquels sont imprimés des photos de famille-pour toute Porte… Et puis les bruits de clochettes : « la musique des astres et la voix des âmes flottantes ». Un doux carillon. L’idée de mémoire Faire-part dans un parterre de fleurs et qui s’altereront le temps de l’exposition. L’herbe souple misérablement coupée des prairies vertes. Et puis les paroles retrouvées que j’ai confiées à tes mains. Les clochettes elles aussi attaquées par l’érosion.

 

 

 

Et dans le mur ouvert, certains murs restent parsemés d’impacts de balles. Déjà des crèches napolitaines dedans les pastori et les présents passés, l’énoncé de l’humain dans le vieux jardin contient l’enfant terrible et les gestes de la danse et l’amour qui fixe des yeux et veille soigneusement.

 

Et tandis que s’avancent. Les gens les bêtes et les choses tout de suite. Je cherche un pays innocent dans l’illimité des nuits. Multipliant les leurres et les chiens errants. Aux frontières, des hommes ont cousu leurs lèvres.

Catherine Jourdan   publié le 29 novembre 2015

 

 

 

 

                                               

 

 


 

DECEMBRE 2015

 

ANNE GOROUBEN

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ANTONIN SALSMANN, GEORGES OUCIF
                  

 

 

////// Inde, Êtres Spirituels CAROLINE ABITBOL Installation 2 au 30 avril 2014 -Galerie Furtive Paris

 

 

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Editions Kahitsukan/ Kyoto Museum of Contemporary Art 2004 (including DVD)                       10 Corso Como, Milano

 

LE 27RUEJACOB.FR Paris

 

revue21.fr

Mercredi 1e avril 2015 à 18h30 à la Librairie Le29 (Paris Xe), l’équipe de 6Mois présentera le nouveau numéro en présence des photographes Denis Dailleux et William Daniels.6mois.fr

 

Vendredi 5 juin 2015

17:30 → 20:00 - lieu : Forum des images

ATELIER TRAVELLING FÉMINISTE AVEC VIVIAN OSTROVSKY ET ROSEAU GRANGE

 

JOSEFA TOLRA, Halle Saint Pierre, Paris

josefatolra.wordpress.com

 

CAROL RAMA  (1918-2015) 

Jeudi 11 juin 2015 à 19h

« Biographie, histoire et fictions dans l’œuvre de Carol Rama et au-delà »

Rencontre dans l’exposition La Passion selon Carol Rama, Elisabeth Lebovici et Fulvia Carnevale, invitées par Anne Dressen, commissaire de l’exposition Carol Rama.

 

 

 

 

Jusqu’ici de Vincent Morisset disponible sur Jusqu-ici.com

(*Capture d’écran)